7 novembre 2016

Qui voterait pour un porc ?



Dans La ferme des animaux, George Orwell imagine que les animaux se révoltent contre les hommes, et leur ravissent le pouvoir. Les cochons étant connus pour leur intelligence, ils prennent évidemment le pas sur les autres bêtes, et dirigent bientôt leur petit monde d’un groin de fer. La dictature qu’ils mettent aussitôt en place a au moins un avantage, elle dispense de devoir se poser cette question : et moi, voterais-je pour un porc ?

Le son du jour que t'aimes toi non plus


19 octobre 2016

Alerte enlèvement de cerveau

Alerte enlèvement déclenchée hier soir, mardi 18 octobre. En Isère, un père a disparu avec sa fille de 4 mois. Alerte à toutes les unités. Message et numéro d’appel sur les radios et les télés : on recherche un individu de race noire, 28 ans, des lunett... Un individu de QUOI ?! De « race » ? Mais ça n’existe pas, entonne aussitôt la twittosphère ! (source)

Beauvau pète les plombs, qu’est-ce qui leur prend ? Ah non ! Pas d'individu "de race noire" s'il vous plait. C'est un peu court, jeune homme ! On pouvait dire, oh Dieu, bien des choses en somme ! Par exemple, de "couleur noire", ou encore, tenez :

Dansant : « Z’yeutez son déhanché ! Saviez-vous que lui et ses ancêtres ont inventé le jazz, la soul, le reggae ? »
Sportif : « Il a piqué un 100 mètres en 9’58’’, avec le couffin dans les bras s’il vous plait, ça force le respect ! »
Indulgent : « Son grand-père a combattu à Verdun ! »
Repentant : « Il est l’esclave de ses pulsions » Colorimétrique : « Son code RVB est (zéro ; zéro ; zéro) »
Cinéphile : « Il ressemble au pote de Mel Gibson dans L’Arme fatale ! »

Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit si vous aviez un peu de lettres et d'esprit !

L'erreur aurait pu être lourde de conséquence : car à Boboland, on n'a pas voulu se mettre à chercher le gamin ou le suspec tant que le Ministère de la Justice ne rectifiait pas sa petite annonce avec des excuses à la communauté. L’enfant n’a été retrouvé qu’à 11h30 ce matin !


Depuis midi, la France se remet doucement de ses émotions. La mère retrouve son nourrisson. D’autres ravalent l’amertume de vivre dans un pays où les plus hautes institutions se basent encore sur l’apparence pour signaler un individu. D’autres encore finissent de rire après avoir vu le boomerang du politiquement correct revenir dans les dents de ceux qui l'ont répandu. Il est beau, ce moment où l'élève dépasse le maître, en classe de novlangue.

26 septembre 2016

Tel père, tel fils de pute

L’année dernière, à l’approche de Noël, ma belle-mère me demande ce qui ferait plaisir à son petit-fils de 4 ans. Je lui réponds « un sabre laser », car c’est ce dont il parlait à l’époque. Comme elle s’étonne qu’il connaisse déjà La guerre des étoiles, je lui explique qu’il ne connait pas mais qu’il a vu une réplique du sabre chez un oncle de l’autre côté de la galaxie familiale, et que depuis il veut le même. 

Là, elle tombe interloquée. Sans ironie et avec l’œil sincère de celle qui ne comprend pas, elle me demande ce qu’un type, sensiblement du même âge que moi, fait avec un sabre laser factice chez lui. Une incongruité que j’avais omis de relever, accoutumé à vivre parmi une génération où ce genre d’accessoires se trouve communément chez le mâle un peu « geek », mais qui m’apparut alors à mon tour, subitement et dans toute sa splendeur.

Décontenancé, je fus totalement incapable de fournir une réponse valable, audible par une femme normale, d’une soixantaine d’années, vivant à la campagne. Nous avons achevé notre tasse de café tous les deux, dans le silence et la perplexité.


Ne dissertons pas sur ces nouveaux mâles adulescents, cultivant leur infantilisme par la tenue vestimentaire, les goûts ou les activités, n’entretenant plus qu’un rapport lointain avec ce que l’on appelait un adulte il y a 30 ou 40 ans. Le fait est connu. Intéressons-nous en revanche au rapport qu’ont ces hommes d’aujourd’hui à l’enfant ou à la parentalité, comme on dit. Nouveaux pères ou nouveaux non-pères, ils adulent l’enfance, non pas les enfants, précisément parce que ceux-ci squattent la place qu’ils convoitent dans la société.

Cette semaine, je lis qu’un Allemand sur cinq regrette d’avoir été parent, pour la vie et la liberté qu’il a ainsi sacrifiées. A quelques jours d’intervalle, je lis qu’un jeune père aurait fracassé la tête de son bébé dont les pleurs l’empêchaient de jouer à la console... L’irruption d’un enfant oblige effectivement à donner de son temps et de son confort à quelqu’un d’autre, à partager sa bulle. En refusant de passer la main, le nouvel adulte enraye la roue des générations, grignote du terrain et finit par se trouver en concurrence narcissique avec l’enfant. Comme ces lions mâles des documentaires animaliers, qui acceptent de jouer avec les lionceaux la plupart du temps mais les tuent sur-le-champ dès qu’ils entravent la disponibilité câline de la maman.

La trentaine plus qu’entamée, un type me vanta, un jour, sur le ton de la défensive, son choix d’être sans enfants (sans doute des parents trop béats l’avaient gonflé juste auparavant) : il avait ainsi tout son temps pour faire ce qu’il voulait. Sortir, dormir tard, jouer, regarder des films, faire des câlins sous la couette… Ma foi je n'avais pas grand chose à y redire, si ce n'est que, sans s’en rendre compte, l’emploi du temps "idéal" qu’il décrivait était celui d’un petit garçon heureux d’être en vacances. Sa plaidoirie elle-même, le fait de se retrouver en situation de me raconter des choses pareilles, avait quelque chose de puéril. Ce bon gars se complaisait dans son cocon, sans estimer que le moment était venu de le laisser à la génération suivante, ou simplement de passer à autre chose.

22 septembre 2016

Les Gau... les Gogos... les Gaulois !


Il faudrait être tombé bien bas pour se mettre à commenter les déclarations, les petites et grosses phrases de monsieur Sharkozy. Il faudrait être tombé encore plus bas pour commenter les réactions des journalistes à ces mêmes phrases, ou celles de Vélo-Bêle-qui-s'aime, d'Alain Jupet et consorts. Il paraît même que Myriam Elle-Khomriz (oui!) a dit quelque chose au sujet des Gaulois : qu'elle profite bien du micro qu'on lui tend encore, car son nom tombera inexorablement dans l'oubli, pour n'être plus associé dans la mémoire collective qu'à la plus calamiteuse loi de ces trente dernières années. Elle-Khomriz a un truc à dire sur les Gaulois, putindmerd, et on ne le savait pas !!

30 août 2016

On est bien en France

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De Tocqueville à Chateaubriand, de Céline à Georges Duhamel, il fut une époque où l’observateur français de voyage aux Etats-Unis ne revenait pas sans un rapport d’étonnement, voire d’effarement. L’étrangeté du pays n’était alors, pour l’œil européen, pas moins monstrueuse que celle de n’importe quelle contrée sauvage ou exotique.

La distanciation s’est cruellement réduite à l’heure où le moindre clampin en bas de chez vous feint la familiarité avec l’Amérique, sa culture, ses sous-cultures, ses programmes télévisés, ses campagnes présidentielles… et où ce clampin peut vous indiquer sans aucune humilité quel bar de Manhattan est à ne louper sous aucun prétexte, ou vous entretenir de sa passion pour une petite friandise caramélisée qu’on ne trouve que là-bas - et malheureusement pas encore en France.

Tant mieux. Le décalage n’en est que plus renversant lorsque vous franchissez l’Atlantique et voyez les choses par vous-même. Mal américain, le malaise qui vous saisit du fait d’un déphasage culturel trop important. Vos américanophiles, trop fortement éblouis sans doute, sont passés à côté et c’est pourtant l’une des choses qui justifient le voyage. Se rendre compte que l’on n’est pas comme eux, que l’on n’est pas un Américain en version un peu moins ceci ou un peu plus cela, mais que l’on est simplement et radicalement différent, à jamais, malgré l’américanisation dont on se croit l'objet.

Je goûte sans bien le comprendre le plaisir que j'éprouve à le ressentir, tandis que je roule le long de leurs villes plates et perpendiculaires ; tandis que je constate le vide, l’énorme occupation de l’espace. Dans son Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline tombe à la renverse face à la verticalité de New York, mais plus loin dans les terres, c’est bien l’horizontalité qui est vertigineuse. L’horizontalité dans toute sa largeur et sa platitude. Un espace taillé entièrement et uniquement pour la voiture. On s’en rend compte aussitôt que l’on en descend. On pensait entamer une promenade à pied, une errance, et on réalise très immédiatement son erreur : la ville n’était plaisante que derrière une vitre, à une vitesse de 50 km/h. Autrement elle n’est que macadam, stations-service, pylônes, échangeurs, étalés sur des distances qui n’ont absolument pas été faites pour vos yeux ni pour vos pieds.

Occupation de l’espace tout à fait aberrante. Tout à fait aberrant le pays entier. La route se poursuit, les rues, les surfaces de vente, d’une ville à l’autre, comme si ces towns avaient été déroulées au mètre, d’une traite, crachées en préfabriqué au cul d’un gigantesque engin de chantier. Un matérialisme asphyxiant émane de cet environnement. Tout est pratique, rien n’invite à élever l’esprit ou à le reposer. L’opulence partout, quitte à ce qu’elle soit misérable. Misérablement standard. L’expression « société de consommation », usée par des décennies de sociologie et de journalisme, se gonfle ici de tout son sens et reprend sa vitalité, si l’on peut dire. Elle est incarnée et constitutive. Comme certains dans ce pays ont un attachement vital et philosophique au port d’arme, tous sont persuadés à présent que le frigidaire à distributeur de glaçons, ou bien le micro-ondes, leur est nécessaire. Ils tueront le jour où l’on viendra leur enlever. Siroter est un droit inaliénable. Grignoter du sucre ou de la graisse l’est également.

Les Etats-Unis sont enfin le pays de l’éternelle innocence. C’est finalement cela que nous n’arrêterons jamais de leur envier. L’absence de remise en question. Le fait de se sentir absolument dans son droit. Tandis que ce qu’ils ont fait au pays originel peut paraître un effroyable gâchis, tandis que ce qu’ils ont fait au monde extérieur est un massacre à peu près continu, il n’est pas question de remords, il n’est même pas question de doute. Il n’est pas question de faire moins mais toujours de faire plus. La confirmation de son choix. La pure affirmative. Le choix de petit-déjeuner au bacon alors qu’on est déjà un gros tas qui déborde de sa chaise. Le choix de rouler en camion surdimensionné pour ses petits trajets quotidiens alors que le pétrole met le monde à feu et à sang. Le choix de partir à la recherche d'une nouvelle planète à saloper plutôt que de raisonner son mode de vie.

Éternelle innocence. Légèreté. Inconséquence. On se prend à rêver, petit Européen complexé, de lâcher prise nous aussi. Par une lâche reddition, rejoindre l’Empire du Bien. Presser le bouton off de ses questionnements, de ses scrupules, de ses considérations. Un jour, prendre sa retraite intellectuelle, une fois pour toutes, et filer là-bas. Dire merde et finir sa vie en Américain. Un pick-up, une remorque, une maison en carton-pâte. Et tout sera plus simple.

15 août 2016

Happy thirty !



« Happy 30 ! » peux-tu lire sur ton fil d’actualités Facebook, parmi des dizaines de messages à ton attention, la plupart se résumant à « HB ma biiiiche ;-) », « joyeux anniversaire guapaaa », « ouhouh fête ça bien ! xoxoxo », mais, passant presque inaperçu dans ce fouillis de smileys et d’émoticônes traduisant un enthousiasme de circonstance, tu lis, émanant d’une copine que tu n’as plus vue depuis longtemps : « Happy 30 ! ».

Happy thirty. Il n’y a  rien de particulièrement joyeux dans ce nombre. Il sonne comme une échéance, une sentence, une porte qui se ferme.

Tu as trente ans et tu es seule, voilà la grande vérité de tes jours. Tu es seule, c’est ainsi que tu te définis, c’est comme ça que tu te vois, constante réalisation glacée que tu fais chaque matin devant ton miroir où tu guettes les signes de la débâcle, la lente et inscrutable débâcle du temps qui passe, l’effondrement des chairs qui tombent, de tes traits qui bouffissent, de ta peau qui perd progressivement son éclat, de l’éclatante fraicheur élastique de tes vingt ans qui a à présent totalement disparu, de tes seins qui amorcent leur chute, de la cellulite qui guette dans tes jambes encore fines et qui pourtant semblent déjà se tasser. Soyons de bon compte, tu es encore belle, tu es encore jeune, un homme pourrait encore te désirer, mais tout est dans cet « encore » : tu es belle ; tu le seras moins demain. Tes plus beaux jours, le sommet de ton enveloppe physique est à présent derrière toi, quelque part entre seize et vingt-cinq ans. Les jours qui viennent ne seront pas meilleurs. Ton avenir reluit moins que ton passé. Demain contient moins de promesses que hier.


3 août 2016

La baise



La boîte, mais c’est peut-être seulement un bar dansant, semble tanguer au rythme de la musique, et lui vide avec application, presque avec violence, les verres de gin tonic que le barman a aligné sur le comptoir : il en a commandé trois d’un coup, pour gagner du temps. Il se tourne vers la piste de danse, qui comme de juste est noire de monde, ça regorge de petites étudiantes en arts ou quelque chose du même acabit, ça fluctue ça ondule ça crie ça danse sous les lumières, fluctuat nec mergitur, comme une houle qui monte, descend, remonte, des bras levés, des sourires extatiques, des mignonnes qui ondulent gracieusement toutes serpentines, yeux fermés bras en l’air quand le son devient particulièrement bon, tout sourires radieux de biches sorties entre copines pour s’éclater, c’est bon à voir, presque émouvant, et Robert croise alors le regard d’une mignonne qui danse toute seule un peu plus loin, aux abords de la foule compacte. Leurs regards se croisent un instant, et le mal est fait. 

Ça a toujours été comme ça, un sourire, un simple regard, même un regard froid, hostile et méprisant comme seules les femmes savent en jeter, il prend, c’est suffisant, ça anime en lui quelque chose, une méchante petite flamme, le plaisir de conquérir, the thrill of the kill, enfin quelque chose dans ce goût-là.

19 juillet 2016

M'étonne pas !

Source : Corse-Machin sur Facebook.
https://www.facebook.com/corsemachin/?fref=nf

Pour ceux qui ne connaissent pas Corse-Machin, ça vaut le coup d'oeil.

15 juillet 2016

Have a Nice day

Bombe sale

14 juillet d'horreur à Nice : 84. Morts.
Bouquet final de cauchemar.
Une foule en gerbes sur le trottoir.
Ils n’étaient pas venus pour se faire écraser. 
Ils étaient là pour voir le défilé.

#JesuisNice. #TuesNice. #TuerNice. #NicematueR.



14 juillet 2016, Paris est une fête et Nice est un deuil.

13 juillet 2016

Camouflage culturel

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Booba vanille

Le plus beau souvenir de ma vie est le concert de reformation de NTM en 2008. Je n’y étais pas mais il m’a donné l'occasion d’assister à une scène des plus comiques : trois jeunes cadres de ma boîte avaient choisi de s’y rendre non sans l’avoir fait largement savoir, très excités par la perspective. Lorsque le lendemain, je leur demandai comment cela s'était passé, ils se montrèrent nettement refroidis : partagés sur la qualité de la prestation, mais surtout déçus que le public soit composé pour partie de « petits blancs » venus s’encanailler !

En somme, ils auraient voulu oublier qu’ils étaient eux-mêmes de « petits blancs bourgeois » l’espace d’une soirée, et se fondre dans une faune de banlieue authentique et certifiée, mais le rêve leur a été gâché par un public de semblables, venus chercher le même frisson. Mouarf ! Ils étaient dépités comme le touriste se rendant au zoo de Beauval, croyant plonger au coeur de la jungle et de l’aventure, mais s'y trouvant coincé dans une file de touristes avec la même idée que lui.

L'anecdote caractérise assez bien ce qui pourrait s’appeler la dissimulation culturelle du bourgeois moderne. Longtemps, la culture a été « de classe » - culture populaire, culture bourgeoise, culture dominante, sous-culture… - trouvant même son usage à être brandie de façon ostensible pour marquer son appartenance et se distinguer des autres classes. Il en va différemment aujourd’hui, pour ce qui concerne le Bourgeois tout du moins.

Celui-ci délaisse sa culture de classe, trop visible, trop stigmatisante, pour adopter celle de l’opprimé. Stratégie de discrétion, voire de camouflage : il épouse la culture dominée comme le papillon d’Amazonie revêt les couleurs de la feuille morte sur laquelle il se pose. Le voilà ainsi baignant dans la contre-culture, friand de rap contestataire, très chatouilleux sur la cause noire-américaine. Un mauvais mot sur un juif ou un homosexuel et vous l'atteignez plus sûrement que les intéressés eux-mêmes. Il est complètement empathique avec les damnés de la Terre. Il juge de la qualité artistique des graffitis qui l'insultent sur les murs : que c'est beau un laissé pour compte qui s'exprime. L’alter-mondialisme lui donne à réfléchir. Bien qu'il soit relativement bien servi sur le plan économique et social, il fait mine de souhaiter que le monde change. Il déplore l'ultra-libéralisme et concède que les rouages de l’Union Européenne sont peu démocratiques, mais vous pourrez tout de même le reconnaître aux trémolos dans sa voix lorsqu'il apprend l'éventualité d'un Brexit.

C’est que le favorisé a parfaitement intégré que le prestige moral, à notre époque, revient au marginal, au minoritaire, à la victime, au renégat, au floué ou supposé comme tel. Assez naturellement, il en veut sa part. Cela lui était impossible tant que ce supplément d'âme était réservé à l'opprimé travailleur, mais cela devient envisageable maintenant qu'est considéré "opprimé" tout tenant d'une minorité ou marge quelconque. Il suffit de soigner son camouflage culturel. Faire semblant d'en être, du moins d'être sur la même longueur d'ondes.

Ainsi dissimulé, pleinement compatissant avec le monde d'en-dessous, le Bourgeois peut jouir plus paisiblement de son aisance. Pour vivre heureux, vivons caché !

5 juillet 2016

Parental Advisory Explicit Content


à votre avis, par où est passé Goldman Sachs ?

Franck Lepage - l'art contemporain



Je m'attends à essuyer des mécontentements, puisque Lepage est un affreux gauchiste. Perso, rien à foutre, il est ce qu'il veut. L'important est le contenu de la vidéo.
Donc ne perdez pas votre temps à dénoncer Lepage et d'évitez de parler du contenu dans les coms. Sinon abracadabra, j'égorge un poulet sur la tombe de Joseph McCarthy et plus de com. Puis, je lance une malédiction sur vos misérables vies (une diarrhée frénétique du moyen âge, appelée " les marécages du diable ").


En bonus

30 juin 2016

Le Chef-d’œuvre de Didier Goux ?


Voilà un titre qu’il est culotté. Parce qu’il prétend faire mieux que Michel. Parce qu’il est opportuniste à souhait. Rien que pour ça j’avais envie de lire le roman de Didier Goux, histoire de voir s'il était honnête et traitait véritablement de Houellebecq, ou si nous étions dans la supercherie gonflée.

En fait non : j’ai simplement de la sympathie pour le blog de Goux et du plaisir à lire son style, et j’avais envie de voir comment il s’en sortait sur l’exercice du roman. Voilà la raison.

Le pitch : un vieux bougon qui aspire à la tranquillité noue relation malgré lui avec différents jeunes gravitant dans son quartier. Le regain d’intérêt qu’il se surprend à ressentir pour leurs histoires lui fait rouvrir certaines questions laissées en suspens au cours de sa vie. En fond : la suave texture de notre époque moderne. Et un fil rouge : la tentative de l'un des personnages d’écrire le roman définitif que Michel Houellebecq n’aurait pas encore su offrir au monde à ce jour.

Philippe Muray disait que le romancier du XXIème siècle serait celui qui saurait rendre compte de la platitude et du ridicule de notre époque. En refermant le livre de Didier Goux, je ne suis plus certain qu'il ait raison. Philippe Muray lui-même n'a-t-il pas déjà épinglé cette modernité, d'une manière si définitive que ce n'est plus à faire ? Le ridicule du réel n'a-t-il pas pris une telle ampleur qu'il est devenu trop quotidien pour qu'on souhaite le retrouver dans une lecture, trop caricatural pour qu'on puisse encore le caricaturer ? Contre toute attente, la peinture de la mascarade moderne est ce que j'ai trouvé moins réussi dans Le Chef d'oeuvre de Michel Houellebecq.

Si le roman vaut, c'est selon moi moins pour cela que pour les échappées plus personnelles, plus intimes, dans lesquelles s'égarent le personnage, et l'écrivain. Entre les ornières de Muray, de Balzac, de Houellebecq, parviennent à exister les fleurs sauvages de Didier Goux, que je qualifierais d'authentiques morceaux de littérature.

Ceux qui sont intrigués par la place qu'y tient notre Michel Houellebecq ne seront pas en reste, avec un portrait de l'écrivain plus vrai que nature.


28 juin 2016

Maurice G. Dantec, l'interview posthume

Au nom du Verbe, du Sujet et du Complément d'objet direct

Maurice G. Dantec, vous êtes décédé samedi 25 juin 2016, merde…
Je suis mort ouais et alors ?
Je suis mort, c’est-à-dire que précisément j’ai été rendu à la vie éternelle, ok ?
En vérité je vais être très clair, je vais vous le dire cash ok ?
J’avais mes lunettes noires comme d’habitude et je fumais un mille-et-une feuilles quand j’ai fermé les yeux...
Parce que j’ai fermé les yeux à cette nanoseconde très précise, j’ai vu.
Tout.
J’ai tout vu ok ?
Mieux qu’après un verre d’ayahuasca  ombragé d’un parapluie cocktail en buvard LSD.
J’ai vu l’épingle dans le tas d’épingles.
J’ai vu la croix en or dans la nécropole contrefaite des marchands du Temple.
J’ai vu l’invisible, maelstrom tsunamique ultraélectromagnétique.
J’ai vu qu’au bout d’un couloir, comme celui d’un hôpital psychiatrique à ciel ouvert, y’avait une lumière, de celles qui brûlent parce qu’elles éclairent, de celles qui éclairent parce qu’elles contiennent la vérité, toute la vérité, ok ? La Tri-Unité.
Cette lumière venait de derrière un rideau couleur blackbox.
Derrière le rideau, y’avait une porte in-put-bronze-lourd-mordoré, dans le genre de la Porte de l’Enfer de Rodin.
J’ai sorti mon fusil à pompe métacortical, défoncé la cryptolourde avec mes gros sabots double zéro chambrés dum dum et là, j’ai dit : « Salut, c’est le grand méchant logos. Personne ne bouge. Mettez les mains sur la tête, surtout si vous êtes un sodomiseur de mouches à chèvre du désert... Si vous avez été crucifié, merci de ne pas applaudir… »
Chaque point de suspension a raisonné comme une décharge de chevrotines.
J’ai fait mon petit métaeffet, et cash ok… du genre lancement orbital à l’hydrogène pyrotechnicisé made in Cap Canaveral.
What’s next ? The Future/Past, The Space Out, un God pour chacun.
What fucking else ?...  

24 juin 2016

Emergency Breixit




Brexit, mon amour



Samedi dernier, profitant d’un trajet en voiture, j’écoute l’émission de Christine Okrent sur France-Culture, Affaires étrangères. Elle traite du brexit. Pour se faire une idée juste de la chose, Okrent a invité deux spécialistes ès qualité, tous deux opposés au brexit. Recette moderne éprouvée : les meilleurs débats sont ceux qui n’opposent aucune idée à une aucune autre. Imaginons le principe okrentien appliqué à l’Euro de foot : Le France rencontre le Portugal, mais il n’y a que des joueurs français sur le terrain… Heureusement, mon trajet fut de courte durée.

23 juin 2016

Quantité musicale



Dans les Particules élémentaires, Michel Houellebecq observait qu’une vision du monde bien ancrée dans les esprits survit quelque temps, parfois quelques siècles, à la disparition des conditions qui l’ont vu naître, voire au bouleversement complet du monde lui-même. Affaire d’inertie. Le monde change plus vite que l’esprit qui l’observe, comme s’il était plus facile de bouleverser un continent que de modifier une opinion.
Ainsi, il est des habitudes si généralement admises qu’elles sont devenues des évidences anthropologiques. Dans la société moderne, écouter de la musique appartient à cette catégorie : il est peu probable que sur la durée d’une vie humaine, on puisse rencontrer plus d’une ou deux personnes affirmant qu’elles « n’aiment pas la musique », qu’elles n’en écoutent pas ou qu’elles n’en ont carrément rien à secouer. Et quand bien même de tels extra-terrestres pulluleraient soudain, ils devraient de toute façon abandonner l’espoir de ne pas entendre de la musique. Elle est partout.

20 juin 2016

Des baffes qui se perdent

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Une tradition du cinéma français qui a presque disparu, c'est la claque : magistrale, gigantesque, dont le bruit résonne de façon unique dans l'espace, assénée de toute la longueur du bras, et qui entraîne dans son prolongement une rotation capillaire tout en boucles et en cascades.

Que l'on soit dans le drame ou dans la comédie, cette claque semble omniprésente dans les films français d'une certaine époque ; elle atteint le statut de figure obligatoire, au même titre que le baiser lorsque l'on doit raconter une relation homme-femme.

Cette gifle n'est d'ailleurs pas spécialement mixte : elle se donne d'homme à homme, de femme à homme et vice-versa, même s'il faut reconnaître que statistiquement, elle est majoritairement administrée à la femme, si possible aux cheveux longs, souples et soyeux, pour une amplitude maximale et une meilleure prise à la lumière. La femme gifle le goujat, l'homme gifle l'hystérique.

La gifle de cinéma est souvent une claque de la paix. Là où le coup de poing ou l'empoigne sonneraient le début d'une bagarre, la claque a un effet de dépression : elle apaise, fait redescendre la tension qu'avait atteint une situation. C'est une claque de retour à la raison. En situation réelle, elle serait capable d'étourdir un âne et celui qui la recevrait aurait toutes les chances de vouloir la rendre, mais au cinéma, cette gifle semble vécue comme bienvenue : c'est tout juste si le claqué ne se sent pas redevable, tout en se tenant la joue, de ce qu'on ait mis un terme à son insoutenable crise de nerfs. Ce qui renforce d'ailleurs l'essence misogyne de cette gifle : la belle se montre soulagée du revers de claque que lui colle son Alain Delon.

Si Rémi Julienne est devenu l'artisan de toutes les cascades du cinéma français, il y a sans doute quelque part une école et un savoir-faire français de la gifle cinématographique, où l'on apprend à la donner et à la recevoir, et un syndicat de la SAACIG (Société Audiovisuelle des Auteurs, Compositeurs et Interprètes de Gifles) qui s'inquiète de sa disparition presque totale dans les productions actuelles.

Ceci dit, les Américains ne se débrouillent pas mal non plus.


17 juin 2016

Les filles d'à côté (de la plaque)


Ah les filles, je vous jure ! Vous savez comme elles sont : toujours prêtes à se crêper le chignon surtout quand on en vient à parler chiffons ! Tenez, l’autre jour : Maude, 18 ans, en hypokhâgne à Toulon, s’est prise la tête avec des filles dans le bus, pour une sombre histoire de mini-short ! C'est le magazine Madmoizelle qui nous raconte l'échauffourée. Un fait divers à travers lequel Maude, en racontant son histoire dans un post Facebook qui depuis fait le buzz, épingle un travers préoccupant qui a cours dans nos sociétés, patriarcales quoi qu'on en dise, où la mentalité machiste est si ancrée qu'elle imprègne l'esprit même de certaines filles, qui reproduisent alors envers leur sexe les mêmes comportements.

Ainsi, l'histoire démarre comme ça : Maude, vêtue d'un short estival somme toute banal, prend le bus et vient à remarquer que sa tenue ne laisse pas indifférentes les filles qui sont dans l'autocar avec elle. « Je me suis retrouvée encerclée par plusieurs filles. Il ne se passe rien pendant une dizaine de minutes, mais l’une d’entre elles me regarde vraiment très mal, et finit par me dire "mais pourquoi tu portes des shorts aussi courts ? C’est quoi ton problème ? ».

16 juin 2016

Ni temples ni tombes





« Tout est empli de morts »
Ernst Jünger, dans un autre contexte.


Il est vingt-deux heures, mai s’évanouit dans juin qui s’insère dans juillet, et tu marches sur les grands boulevards, terminant ta journée au moment où les putes commencent la leur sur l’avenue Louise. 

Tu étais le dernier au bureau, tu as refermé ton ordinateur, tu as traversé les pièces vides pour éteindre les lumières. Avant de t’en aller, avant de mettre en marche l’alarme et de fermer la porte derrière toi, tu as pris un instant pour embrasser du regard ton lieu de vie, l’open-space où s’égrène ton existence, et prendre la mesure de l’immense et infinie dévastation d’une vie humaine qui s’écoule sous la lumière crue des néons, au rythme des pages qui jaillissent de la photocopieuse, sur et parmi les tapis pleins, les plantes vertes funèbres et desséchées qui achèvent de mourir dans l’angle de l’open-space, les lumières éparses de la ville plongée dans l’obscurité.

Être là et compter ses défaites ; heures mortes, journées vides, semaines anéanties.

Tu n’avais pas cru que cela soit possible, et pourtant, ça l’est : cette déchirure qui chaque jour se répète, cet anéantissement qui t’accompagne dès le matin, cette placide et insondable catastrophe qui s’invite sur tes épaules abattues, ton dos courbé, ton cul qui s’empâte dans ce fauteuil de bureau, dont le rembourrage a pris la forme de ton postérieur.

C’est l’aventure moderne.

9 juin 2016

Macron lance sa campagne 2017 sur grand écran

Stratégie pour casser son image de méprisant, ou véritable volonté d'écouter les Français ? Notre sémillant ministre a choisi de prendre son selfie de pèlerin et de sillonner la France à la rencontre de pauvres. Le concept : nouer discussion avec un agriculteur, un ouvrier, un travesti... et parvenir à se faire inviter chez lui pour dormir.

Emmanuel Macron espère que le film qui en sortira permettra « au mieux de dresser un diagnostic du pays, au pire d'obtenir de superbes portraits de pauvres, avec leurs mains sales et leurs problèmes dentaires ». 

Prochainement dans les salles...


8 juin 2016

le son du soir qui se met minable

Le prix du déséquilibre


Peut-on interdire le voile en entreprise ? La question est posée par Hotmail-news. La réponse est dans la question : c’est non.
Ceci est un ordre
C’est non pour deux raisons. D’une part, nous constatons partout en France l’inflation du port du voile - en 2010 Djamel Debbouze parlait d'épiphénomène concernant la burka, aujourd'hui le niqab est une banalité. D’autre part, le pays des droits de l’homme pense manifestement irrémédiablement qu’il est interdit d’interdire. Mai 68, l’effet cliquet. Escalade d'engagement dans la régression. La liberté a dégénéré en droit de chacun contre tous. Il n’y a plus d’ensemble quand le caprice pour tous c'est maintenant. Et on ne parle même pas des conventions supranationales...
Vivement France Albanie ! 


6 juin 2016

Le Manant

bruegel auberge

C'est avec une certaine délectation que j’apprends la signification originelle du mot manant, aujourd'hui péjoratif et qualifiant le cul-terreux : le terme désigne en réalité celui qui demeure. C’est-à-dire celui qui reste à sa place, dans le temps et dans l’espace.

Notion intéressante qui rejoint peut-être celle du Réfractaire : alors que l’Ermite implique une démarche volontaire de retrait, d’isolement et d’exil, le Manant est simplement celui qui est là depuis le début, qui s’y trouve bien et qui entend y rester, entravant probablement par son immobilité la progression des agités qui ont atteint à présent le seuil de sa chaumière et dont il gêne les velléités de vitesse, de mouvement, de déplacement ou de modification. 

Dans le contexte actuel, le manant entrave aussi bien le projet libéral des Attali et autres Macron, appelant au village global, à la mobilité, à l’adaptation au « monde nouveau », que celui des forces du progrès, dites « de gauche », qui s’évertuent à changer les mentalités (de préférence celles des autres plutôt que les leurs). Sur la demeure du manant s’abattent les bourrasques de l’esprit entrepreneurial et celui de la bougeotte jeune, alliée pour l’occasion à la logorrhée libérale vantant les bienfaits de la remise en question, du qui-vive, de la souplesse, de la flexibilité, de la réinvention perpétuelle…

L’époque conjure le Manant de changer, de participer, de voyager, d’apprendre une troisième langue,

5 juin 2016

BlackM, plug anal mémoriel



Allons-nous tous finir par sombrer dans l’antisocialisme primaire ? Non pas que le socialisme comme projet nous dégoûte, mais parce que le socialisme français en tant qu’exercice du pouvoir, franchisse une à une, sans coup férir et la conscience claire, toutes les limites de l’ignoble.

Matez deux minutes le trombinoscope du gouvernement français (celui-là ou n’importe lequel, en fait, vous y remarquerez toujours le même modèle dominant) : collection de bourgeois replets, de daronnes volontaires faisant suer le burnous à leurs subordonnés, de joufflus semblant taillés pour la gifle. Ces têtes-là ne doivent pourtant pas être jugées sur leur apparence inoffensive: ce sont des durs, des idéologues furibards. Ce sont des tronches où le plus petit sens commun a disparu, que la décence a abandonnées, que la retenue n’a sans doute d’ailleurs jamais effleurées. Comment les médias appellent-ils, d’ordinaire, un individu dangereux pour les autres, retranché dans ses bastions, dont le comportement ne suit plus qu’une obsession létale, et qui, si l’on veut l’empêcher de nuire d’avantage, devra être délogé d’urgence ? Un forcené.

2 juin 2016

Laisse-moi zoum zoum zem Karim Benz Benz Benz

"J'ai cédé à une partie racaille de la France."


Je vais céder à une partie vénère de la France. Stop.
Je vais céder à une partie avide de goudron et de plumes de la France. Stop.
Je vais céder à une partie réellement renversée de la France. Stop.
Commençons par le début. Stop, c’est-à-dire Encore...

La non sélection de Karim Benzema n’en finit plus de défrayer la chronique. C’est Eric Cantona qui a allumé la mèche dans une interview accordée au Guardian, arguant du racisme nord-africain de Didier Deschamps : « Une chose est sûre, Benzema et Ben Arfa sont deux des meilleurs joueurs français et ne seront pas à l’Euro. Et pour sûr, Benzema et Ben Arfa ont des origines nord-africaines. Donc le débat est ouvert. » 
Il ne s’arrêta pas là, fustigeant les racines mmm disons françaises de souche consanguine de Didier Deschamps : « Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur. Mais Deschamps, il a un nom très français. Peut-être qu’il est le seul en France à avoir un nom vraiment français. Personne dans sa famille n’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique. »

25 mai 2016

Jesse Hugues, tu n'auras pas notre haine !


Picasso était communiste. Céline était antisémite. Et ce bluesman britannique dont les mélodies vous plaisent tant a toutes les chances d’être un parfait abruti ivre de bière et pas autrement cultivé que par la télévision qu’il regarde à l’hôtel, l’après-midi, durant ses tournées. C'est comme ça : en matière d'art, la vérité est aveugle, et ça n’empêche pas tous ces gens d’atteindre, chacun dans leur domaine, une sensibilité hors du commun. C'est comme si les idées et opinions, chez l’artiste touché par la grâce, n’avaient aucune espèce d’importance.

Le fait est relativement commun et on finit de s'en étonner généralement à l'âge de 19 ans. Mais pas Charlie, qui vient de découvrir que le chanteur des Eagles of Death Metal pourrait bien ne pas être de gauche ! Attaché à la liberté d'expression, Charlie a immédiatement annulé le groupe à plusieurs festivals français, suite aux propos "rances" proférés par le chanteur.

"Jesse Hugues, conservateur ? Et si ça se trouve, Sweet Home Alabama,
ça a un rapport avec les Confédérés ?" 

Les propos ou opinions de Monsieur Hugues n'ont pourtant jamais été ignorés. Je me souviens très précisément d'un "spécialiste des Inrocks" venu en faire état à la radio les jours qui suivaient les attentats de novembre. Après plusieurs jours de direct H24 sur les fusillades, les médias commençaient à tourner en rond, alors pour remplir l'antenne on s'intéressait à n'importe quel détail. Et notamment à ce groupe, qui nécessairement, devait être tout aussi formidable que les gens qui se sont fait tirer dans le dos. Et si les terroristes n'avaient pas choisi cette salle, ce concert, ce groupe par hasard ? Puisqu'ils en veulent à notre mode de vie, c'est nécessairement que les Eagles of Death Metal sont le symbole de ce mode de vie. Mais c'est bien sûr ! Ces Eagles sont admirables, magnifiques, ils incarnent mieux que quiconque nos valeurs et notre Liberté ! Comment ? Le chanteur aurait des convictions néo-conservatrices ? Il serait favorable aux armes à feu et contre l'avortement ? Certes, c'est ce qu'on dit, mais ni l'Inrockuptible ni le France Intérien n'y trouvaient alors à redire. Au contraire, "cela faisait partie du personnage", cela faisait partie du délire. A ce moment on avait trop besoin d'un gros doudou pour faire la fine bouche ! Tout devait faire symbole pour sublimer la peur. 

24 mai 2016

Sabotage


Le retour du sondage


Aujourd'hui est un grand jour. On a réparé le module de sondage. C'était le filtre à particule.

Ça se passe tout en bas de page.

(le premier qui me signale une faute à "éclaterais", je l'éclate)

Pascale Clark annonce son départ de France Inter

« Fin de l’histoire. Je quitte France Inter ». La présentatrice et productrice de l’émission « Making of » a annoncé sur Twitter, lundi 16 mai, qu’elle quittera le 18 juin la radio publique. La journaliste à la voix rauque « va au-devant de nouvelles aventures professionnelles – radiophoniques et numériques », selon Télérama.
Souvenons-nous ...

16 mai 2016

L’hommage de Hollande aux « gueules cassées » fait le buzz sur Twitter

Mais quelle mouche l’a donc piqué ? Comme pour se rattraper de la polémique de la programmation puis de l’annulation d’un concert de rap aux commémorations du centenaire de la bataille de Verdun, François Hollande a publié sur Twitter une image où il fait un selfie grimaçant devant les visages de soldats mutilés de la Première Guerre Mondiale, accompagnée du hashtag « Je suis Sans-Dents ».

La photo incriminée


Selon le cabinet de l’Elysée, « c’est une façon de rendre hommage à ceux qui sont morts ou ont combattu pour la France et de compatir à la souffrance de toutes les victimes de la guerre dans le monde ». En adoptant les codes de communication de la jeunesse, le Président compte se rapprocher d’eux d'une façon originale. « A la façon du « Ice Bucket Challenge », nous imaginons que les jeunes internautes des deux côtés du Rhin pourraient se photographier en faisant la grimace de leur choix et la partager sur les réseaux sociaux. Il est important que la jeunesse n’oublie jamais les atrocités des conflits du passé pour ne pas les reproduire ».

Pour Hervé Roquin, consultant en communication, l'idée n'est pas forcément judicieuse.  « Calquer les habitudes des jeunes quand on est un homme politique, c'est toujours très risqué. Le Ice Bucket Challenge a déjà plusieurs années, or sur internet il faut innover sans cesse. Pour un événement comme Verdun, je trouve qu'il y avait mieux à faire : c'est un bel endroit, les beaux jours sont en train d'arriver... Une opération "grand apéro sur l'herbe" aurait sans doute été plus appropriée. »

Quant au choix du hashtag, il le défend : « C’est un clin d’œil à une anecdote qui a marqué les Français ; l’humour est une chose qu’ils apprécient chez François Hollande, et pour laquelle ils l’ont élu. »

14 mai 2016

Black M à Verdun : le trou d’obus était un trou noir…


« Des voix déchaînées ont obtenu l'annulation d'un concert au nom d'un ordre moral nauséabond et décomplexé. N'acceptons jamais cela. Ce n'est pas la première fois que l'autocensure succède à ces coups de forces inacceptables. »
Festivus s'habille en Prada

Audrey Azoulay, notre ministre de la culture, n’est plus une illustre inconnue pour nous...

Elle s'est située toute seule comme une grande sur la carte. 

Elle a parlé morale, Verdun, depuis le Festival de Cannes. On imagine entre deux coupes de Roederer Cristal et deux tranches de 7ème Art avec des vrais morceaux de poils de cul dedans.

Audrey Azoulay, ministre de la Culture, a vertement dénoncé la déprogrammation de Black M de la cérémonie de commémoration du centenaire de la bataille de Verdun depuis le festival de Cannes… Pour elle, cette déprogrammation est le signe du retour en force « d’un ordre moral nauséabond et décomplexé. »

Magnifique.

12 mai 2016

Mettons les points sur les FQSTLARAFTEUC !


Certains de vous se rappellent peut-être le débat qui avait tant animé notre petite communauté à l’époque, autour des Films Que Si Tu Les Aimes, Rien A Faire, T’es Un Con (FQSTLARAFTEUC).

Je réalise qu’il est nécessaire d’y revenir. D’abord parce que la notion est extrêmement subtile et délicate. Ensuite parce que Beboper, à l’époque, s’y était pris comme un manche pour la définir (mais qui lui en voudrait ?). Enfin parce que, de nouveaux commentaires ayant fait remonter l’article, force est de constater que la notion n’est pas unanimement acquise.


Ainsi, Anonyme, commentateur n°1 du CGB, est furieux de trouver Le mécano de la Générale dans la liste des films que si tu les aimes t’es un con, et souligne la prouesse technique et narrative du film. Plus intéressant encore, il affirme :
« Je trouve ça étrange d'aimer Fight Club (cousu de fil blanc, stéréotypé, déjà ringard et poseur au possible) et de détester Matrix alors que c'est de toute évidence le même genre de film. » 
Soyons bien clair : personne n’a jamais dit qu’il aimait Fight Club ou qu’il détestait Matrix. Nous nous contentons de dire que Matrix est un FQSTLARAFTEUC tandis que Fight Club est un FQSTLAPTRQUC ! La question n’est pas de savoir quel film est bon ou pas. La question est de savoir lequel de ces deux films, porté aux nues par un inconnu qui s’avance vers nous, saurait nous indiquer avec le plus de précision que ce type a toutes les chances d’être un con.

Notez bien qu’à ce stade, cela ne veut pas dire qu’il l’est ; cela veut dire qu’en citant ce film parmi ses préférés, il vient de faire chuter ses chances d’être un type bien de 80 %, et par la même occasion de mettre en alerte notre système interne de détecteur à connard. Rien de plus. Tenez, mettons que vous faites connaissance avec un type lors d’une soirée et que celui-ci vous lâche qu’il adore le kite surf. Vous n’allez pas lui jeter immédiatement votre poing sur le nez. Il a peut-être une chance d’être intéressant ou remarquable par ailleurs. Mais cet aveu pose le personnage et vous savez déjà à ce stade de la discussion qu’il y a une quantité de choses que vous ne pourrez jamais partager avec lui. Eh bien c’est exactement pareil pour les films que si tu les aimes t’es rien qu’un con !

Matrix est un film qui fait contraster merveilleusement sa boursouflure intellectuelle avec son fond absolument creux. En cela, il plaît particulièrement aux crétins qui croient y avoir trouvé un sens caché. C’est un film de rebelles au premier degré. Un gars vous cite Matrix comme film préféré ? Ne me dites pas que ce n’est pas un connard ! Pour Fight Club c’est différent : le film offre une lecture plus complexe, il va plus loin en ce qu’il démonte le système mais aussi la rébellion contre le système. Un complet crétin pourra être séduit par la première partie du film mais décontenancé par la seconde. Un gars vous dit qu’il aime Fight Club ? Il est trop tôt pour en tirer une conclusion !

Voilà ce qu’est un FQSTLARAFTEUC. C’est un film qui vous en dit sur le niveau moral de votre interlocuteur. Il a aimé Irréversible, et mieux encore, il en fait grand cas devant vous ? C’est un trou de balle, à 99 %. Il ose vous demander si vous avez vu Les Rivières pourpres ? Sale enculé ! Il ne comprend pas pourquoi vous avez détesté Inception, et remue à présent ciel et terre pour vous expliquer pourquoi c’était bien, comme si une subtilité vous avait échappé et fait malencontreusement passé à côté du film ? Non connard, j’ai très bien compris et je te dis que c’est à chier !

Car c’est là le caractère le mieux partagé par les films que si tu les aimes t’es rien qu’un con : tous ont une certaine forme de prétention usurpée : fausse complexité, fausse profondeur, fausse provocation... Et en les aimant, le con se pare de cette prétention. Il est tombé dans le panneau, il a sauté à pieds joints dans la merde, mais à tel point et de manière si parfaite qu’il se demande pourquoi il y est seul. Pourquoi ceux qui se sont tenus à l'écart et qui, navrés pour lui, le regardent depuis la berge, ne l’ont pas déjà rejoint.

10 mai 2016

Denis Baupin, roi des forêts


Siné est mort

Siné est mort, mais cette fois c'est vrai. En hommage, on vous réédite un article de beboper datant de 2010.

***



Siné est un mec qui arrive à rendre la mauvaise foi, l’aveuglement et le simplisme supportables. Il a la force de ceux qui, contre l’évidence, continuent à croire que l’image qu’ils ont formée du monde est meilleure que le monde lui-même. Il s’est fabriqué une grande mythologie, empruntée à de grands cons anciens, où tout ce qui n’obtient pas son approbation est voué à la fosse d’aisance.


Dans sa vision du monde, une chose très pratique est à remarquer : les gentils et les méchants sont séparés par une ligne blanche bien visible, bien droite, et il n’y a qu’à comprendre quel est le bon côté pour savoir définitivement où diriger la lapidation. A toi, lecteur subtil, ce procédé paraît simpliste, injuste et faux. C’est normal : c’est juste parce que tu n’as pas suffisamment foi dans le Progrès ni dans l’Anarchie. Siné, lui, il y croit. C’est, en dépit de ses gueulements, l’un des citoyens les plus croyants qu’on puisse trouver dans la France post-chrétienne. On peut donc lui reprocher beaucoup de choses, ou n’être simplement pas d’accord avec lui sur tel ou tel point, mais cette foi est là, elle structure son discours (à défaut de le rendre vrai), elle est une colonne vertébrale qui lui permet de rester debout quand les arguments de la raison et les faits devraient le ratatiner. C’est un entêtement dont je suis personnellement incapable, et que j’admire : hommage du doute à la brute. Il est néanmoins évident que je n’aimerais pas avoir à discuter avec un tel bouché.

Dans l’affaire qui l’oppose à Philippe Val, la bonne foi est de son côté, de toute évidence. Son article est dans la lignée de ceux qu’il pondait chaque semaine : vachard, brutal, parfois marrant. Qu’on parle d’antisémitisme parce qu’il évoque « une jeune héritière juive » revient à prétendre qu’il est désormais interdit d’associer les mots « juif » et « riche ». C’est absurde. Siné a-t-il prétendu que tous les Juifs sont de riches héritiers ? Non, l’affaire est entendue : il n’a pas été viré pour ça, il a peut-être une « bonne » raison à son licenciement, mais ce n’est pas celle qui est mise en avant.

Siné est une teigne. A ses ennemis, il ne sait rien dire mieux qu’un énorme « merde ! » et il prétend le prouver en sortant un Siné Hebdo qui prétendait « chier dans les bégonias ». On se délectait d’avance. Mais voilà, aujourd’hui que le brûlot est sorti, on est bien obligé de constater la parfaite santé des bégonias. Siné Hebdo est une insignifiante crotte, un morceau de néant sorti d’un asile de vieux. Siné a redonné de la vigueur au terme « poussif » ! Il a fait perdre de la hauteur à la médiocrité ! Cet enragé n’a réussi à mordre rien d’autre que la poussière ! Sans prendre parti et en essayant d’être le plus distancié possible, on est obligé de reconnaître que c’est largement moins bon que Charlie Hebdo ! Tout ça pour ça ? A-t-on le droit de faire un canard lourd et moribond-né quand on a claironné avec autant d’aplomb qu’on allait embraser le cosmos ? Plus qu’une misère technique, plus qu’une absence factuelle de choses drôles et enlevées, ce Que Dalle Hebdo souffre d’un manque d’esprit, un essoufflement congénital. C’est un assemblage de noms qui n’ont peut-être en commun que de vouloir donner un coup de main au vieux, mais qui ne savent pas quoi foutre ensemble. Ce pseudo canard méchant pue le Viagra à plein nez ! la bandaison, papa, ça n’se commande pas ! A part un excellent dessin de Loup et une BD rigolote de Delépine et Aranega, on se fait chier de pages en pages à lire les articulets anémiés de chantres de la révolution violente et permanente. Companieros ! vous vouliez casser la société, et vous n’arrivez même pas à casser la baraque !

Bien qu’il n’ait jamais accordé la moindre attention à la réalité, Siné devrait quand même se rendre à celle-ci : il est bon pour la retraite.

9 mai 2016

Les PQNVJCP : Juliette Greco



Les lecteurs de moins de trente ans ne la connaissent pas : les bienheureux. Ils n’ont jamais entendu prononcer son nom, qui sombrera dans un oubli inexorable avec le temps. La célébrité dont elle a joui dans sa jeunesse n’y changera rien, ni les plaques que certains maires voudront apposer dans les rues de leurs bleds, ni les médiathèques interactives et ouvertes sur le monde qui prendront peut-être son nom. Juliette Gréco est déjà dans l’oubli, et on se demande bien ce qui a pu l’en faire sortir un jour.

6 mai 2016

Le son du jour qui souhaite bon anniversaire au CGB

Le CulturalGangBang a dix piges aujourd'hui ! Tribute à tous les contributeurs, Fouquet et Christ-Off, les créateurs, Skymann, René Jacquot/René Jako, Atlantis/Captain Pascal, Milos, Hell's Beth, Mister Freeze, Concombre Masqué, Herr G, Zefa, Julius G., Todomodo (on sait pas si on doit vraiment te remercier toi), The Nightwatch, Beboper, Kroulik, Paracelse, Amiral Potiron, Clarence Bodicker,DT, Millie, Bayrem, Lestat, Seul contre Tous, A.rnaud, Archischmock, Cheb Niggurath, Joseph Stalone,Batpat, Xix, Cwagram (dessin), Joe, Pic de la Farandole, et le tout dernier Stenka Razine. Le CGB, c'est 4 200 articles (sans un procès!), 32 000 commentaires (sans compter les 32 000 supprimés) et près de 5 millions de pages vues. On ne sait pas si on repart pour dix ans, mais champagne et bon anniversaire le Cultural !

5 mai 2016

Tony Gatlif nous ment !




Certains d'entre vous l'ignorent peut-être, mais Xix, l'admirable auteur de textes impressionnistes, est gitan. imbattable une guitare en mains, capable de désosser un poulet en moins de 1'15, champion du Puy-de-Dôme de manœuvre arrière Iveco double essieu + caravane, il est le premier de con clan à avoir eu le Bac (et le seul, je crois).
Il est actuellement en prison en vacances pour six mois et nous envoie, pour qu'on ne l'oublie pas, une vidéo de ses cousins. En espérant qu'elle vous donne envie de prendre la route, gadjo !

25 avril 2016

Hyperlive #NuitDebout : le direct

Je suis Charlie, Aylan, Thalys, Bataclan, Bruxelles et... Démocratie qui dort debout !
Off
Fouquet - Ach, ach, que j'ai mal au dos mon bon vampirounet des Carpates, mon petit El Pocho de la toundra de l'échangeur A4/A86 direction Créteil...

Lestat - Bé qu'est-ce qu'y'a mon Fouquinouche de l'extrême? T'as passé la nuit en repérage à Répu, dormi sur un trottoir, chevauché de dos une punkachien des millefa ? Jvais être obligé de siffler pénalty, de sortir le calepin à ordonnances, et d'invoquer des prescriptions du genre drastiques. Alors, un mojito toutes les cinq minutes par voie orale, de l'acide tétrahydrocannabinolé par inhalation toutes les heures, et un moteur dans le cadre, ça peut pas faire de mal...

 Fouquet - Ah !

Lestat - Plaît-il mon Fouquinet ? Le traitement fait déjà effet ?



Fouquet - On est à l'antenne. On est à l'antenne ! Pu-tain de pe-tit con de... Xix ! Xiiiiix ! EEEEEET OUUUUUIIIII BONSOIIIR A TOUS, VOUS ETES SUR LE CULTURALGANGBANG POUR UN HYPERLIVE EXCEPTIONNEL !

Hyperlive en direct de #NuitDebout c'est ce soir à partir de 21h

Le bonheur pour tous c'est simple comme une grande ronde
Retrouvez-nous ce soir pour un Hyperlive exceptionnel en direct de NuitDebout ! Nous vous rappelons les règles du jeu : toute l'équipe du CGB déconne en direct et au fur et à mesure, vous rafraichissez la page. A ce soir. Coup d'envoi à 21h.

5 avril 2016

La Civilisation numérique et Bodinat

AU-FOND-DE-LA-COUCHE-GAZEUSE

Pouvoir observer la nuit : voir un ciel de nuit, qu’il soit nuageux, étoilé, ou illuminé par la lune. Voici une chose simple, qui devrait ne pas être trop demander comme on dit. Une chose étrangement censée être à la portée du premier clochard venu, mais qui est aujourd’hui rendue impossible à toute personne appartenant au monde de la ville, des éclairages et des écrans. Avoir fenêtre sur nuit : voici un luxe qui est amené à le devenir pour de plus en plus de monde, alors que c’est le moyen le plus simple et le plus direct pour se rappeler sa condition humaine : celle de naufragé sur un caillou, flottant dans un infini d’autres cailloux.

Ou encore : sentir son rapport au temps, sa présence au monde, son « da sein » comme dirait l’autre ; le sentir par les pores de sa simple solitude, de l’ennui. Le B-A-BA. Mais un B-A-BA rendu impossible lui aussi, à l’âge de l’écran de poche, qui à chaque instant peut vous sonner, vous tracer, et vous rattache en permanence aux « amis », aux autres, à l’actualité, aux impondérables, aux notifications et mises à jour… Vous n’êtes plus jamais seul, plus jamais désœuvré, plus jamais disponible pour l’ennui, plus jamais là mais toujours ailleurs, sur d’autres ondes.

On n’a pas fini de mesurer l’impact que produit la « connectivité » sur le monde et sur l’homme. On n’a pas fini, sauf peut-être Baudoin de Bodinat, qui s’est assigné cette tâche dans son livre Au fond de la couche gazeuse, où il exprime très finement et précisément ce changement aussi imperceptible qu’irréversible.

L’écran, télé ou portatif, n’est pas un gadget de plus sur la liste des inventions technologiques, mais créé une nouvelle modalité d’existence, parallèle à la première. Il modifie à jamais le rapport de l’homme aux choses. Comment le monde, baigné de ces ondes et traversé par ces flux permanents qui s’échangent dans l’air, s’en trouverait inchangé ?