30 septembre 2007

BUG

Une fois de plus le CGB bugge sous IE. Cela vient de l'incapacité chronique de certains d'entre nous à utiliser correctement les balises. J'avais pas mis le nez la dedans depuis un bon bout de temps, ça va prendre du temps(que je n'ai pas) à tout corriger.

Chers lecteurs je vous encourage plus que jamais à passer sous Firefox comme toute personne civilisée.

Désolé pour le désagrément.Ca devrait s'arranger dans la semaine.

Adonis

Quelle doit être la grande cause nationale en 2008 ? Le chômage ? La maladie d’Alzheimer ? L’Euro 2008 ? Le réchauffement planétaire ? Foutaises ! Ce que veulent les français dans leur grande majorité c’est gagner ce putain d’Eurovision qui nous échappe depuis 1977 avec L’enfant et l’Oiseau de Marie Myriam !

Au CGB, on a choisi : ce sera Adonis le pape de la gentillesse.
Avec Adonis « Tout redevient possible ! ».



Ne passons plus pour des blaireaux auprès des autres télévisions

The People's champ



Novembre ce n'est pas seulement la venue sur notre sol européen du Roi du Hip-Hop commercialement correct Kanye West mais surtout celle du mythique Common Sense en première partie: son dernier opus "Finding forever" l'imposant comme le meilleur Mc de ses dix dernières années...

Le hip-hop "conscient" est à l'oeuvre en cette fin d'année sur le vieux continent avec les récentes venues de Mos Def et des fabuleux Slum Village (groupe du regretté J.Dilla, producteur de génie de Common et de biens d'autres) et la venue imminente de De la Soul.

Fourest Gump



Caroline Fourest est devenue l'expert ès médiatique de l'intégrisme religieux et en particulier l'Islamisme au point d'être devenue la coqueluche de certains sites consanguins.

Oui mais, Caroline est de gôche, laïque...et contre le communautarisme et la posture victimaire...alors pourquoi diable a-t-elle créé un site contre les discriminations que subissent les femmes et les homosexuel(les)?


Caroline Fourest, journaliste multicartes à Charlie Hebdo, écrivain politique à succès (La Tentation obscurantiste) peut paraître au premier abord sympathique: avec des ennemis comme Pierre Tévanian et les Indigènes de la République qui l'affublent du titre de "facho de gôche" (lire le bréviaire à ce sujet) et de " Soeur Caroline", on lui donnerait le bon Allah sans confession.

Oui mais (car il y a bien sûr un mais), Mademoiselle Fourest a peut-être elle-même contribué à monter au pinacle un certain communautarisme islamique: qui a donné à Tariq Ramadan son statut de superstar des mosquées? Je vous laisse deviner... c'est un peu la posture du pompier pyromane ou de la diplomatie à coups de bombes.

Notre chère Caroline opère également une sorte de hiérarchisation des communautarismes: d'abord celui des méchants barbus puis celui à soutane (très facile et ne mangeant pas de pain), enfin celui des rabbins (juste quelques pages dans son Tirs Croisés avec sa cop's Fiammetta).

En outre, il serait bon d'insister sur la schizophrénie de Mademoiselle Fourest: d'un côté elle déplore le féminisme victimaire de Marie-Ségolène Royal mais d'un autre côté, elle soutient et comprend le communautarisme lesbien illustré par le Festival du Film Cineffable interdit aux hommes et grassement subventionné par la mairie de Paris (ce qui avait amusé Muray dans son Moderne contre moderne)... On voit bien le deux poids, deux mesures opéré par l'écrivain notamment à travers ces réponses à un babillard du Nouvel Obs:


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Bonjour, en tant que féministe, que vous inspire le recul de la mixité tant chez les musulmans (piscines alternant tranches horaires hommes et tranches horaires femmes, défilés de mode réservés aux femmes...) que dans le milieu homo (festival lesbien Cineffable interdit aux hommes et subventionné par la mairie de Paris, horaires réservés aux femmes au Centre Gai et Lesbien...)? N'est-ce pas inquiétant?


(Réponse de C.Fourest) Bonjour, Vous parlez de deux situations très différentes. Dans un cas, celui des piscines non mixtes, le recul de la mixité est dû à l'intégrisme et à la volonté d'enfermer les femmes dans un rôle à part, au nom de la pudeur. Dans le second cas, celui du festival de femmes, il s'agit au contraire de permettre aux femmes de se retrouver pour un festival culturel lesbien ! Il ne faut pas confondre la dénonciation du communautarisme, lorsqu'il est enfermant et liberticide, avec la dénonciation de toute forme de culture sur la base d'une identité. A moins de défendre un universalisme creux, vide et froid qui n'est pas le mien...

Bonjour, j'ai lu que vous aviez présidé le Centre Gai et Lesbien et je me demande si on est bien placée pour critiquer le communautarisme musulman quand on professe le communautarisme homo?''


(Réponse de C.Fourest) Bonjour, Je suppose que c'est la suite de la question précédente. J'y ai en partie répondu mais je persiste et signe. Défendre l'universalisme et la républicaine, pour le maintien des libertés, ne doit pas se confondre avec le refus de la diversité culturelle. Je n'ai jamais défendu le communautarisme, sous aucune forme, mais je me battrai toujours pour l'égalité et la non discrimination, contre l'homophobie comme contre le racisme et l'antisémitisme.


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Beaux sophismes me direz-vous... La diversité se construit en vérité contre l'égalité, l'égalité tout court et non "égalité des droits". Le "barbu" qu'elle dénonce pourrait utiliser exactement le même procédé rhétorique.

Caroline Fourest est donc une béotienne sur le terrain de l'universalisme et on sent poindre dans son discours des relents du "cultural studies" américain...


29 septembre 2007

L'homme qui faisait les rois




Il a 50 ans et déjà deux élections présidentielles de gagnées! Un apôtre de la France éternelle, un plume issue du Peuple (père inconnu, mère femme de ménage). Le meilleur chez Nicolas Sarkozy c'est peut-être Henri Guaino.


Petit retour en arrière, nous sommes le 4 octobre 1994 et Jacques Chirac est au fond du trou face à l'écrasante popularité du premier ministre, Edouard Balladur. Denis Tillinac emmène son vieil ami à une réunion de son Club "Phares et Balises" , cofondé avec Régis Debray et Jean-Claude Guillebaud. L'ogre corrézien y découvre la thématique de la fracture sociale inventée par Marcel Gauchet mais développée par Emmanuel Todd (77 ème Note Verte de la Fondation Saint-Simon, Aux origines du malaise français, novembre 1994). Membre éminent de ce Club, le jeune conseiller de Séguin, Henri Guaino, 37 ans, est convaincu du "potentiel" d'une telle note, c'est donc lui qui sera chargé de pétrir, d'affiner cette idée pour en faire un discours politique, un slogan de campagne et passer à la moulinette le petit-fils de Paul Nizan.

Las, une fois élu, le Président Chirac, jettera par dessus bord la "fracture sociale" au profit de la rigueur toute juppéenne...

Nommé Commissaire général au Plan après l'élection présidentielle de 1995. Henri Guaino vit mal le revirement de son ancien champion qui se débarrasse finalement de lui avec l'aide de Lionel Jospin le 5 janvier 1998 et le remplace par feu Alain Etchegoyen.

Durant sa "traversée du desert" de 1998 à 2006, cet "intellectuel" réactive ses réseaux "républicains" : il rend sa carte du RPR et s'implique dans la création du RPF de Charles Pasqua et Philippe de Villiers (contre l'avis du président par intérim du RPR de l'époque, Nicolas Sarkozy). Il fonde par ailleurs sur les ruines de Phares et Balises, la Fondation Marc Bloch aux côtés de Philippe Cohen et d'Elisabeth Lévy.

Il est aussi à l'oeuvre pour la charte d'aménagement et de développement du territoire des Hauts-de-Seine (1999-2000), il se fait conseiller scientifique de l'Agence pour la diffusion de l'information technologique (Adit) (2002-04), puis il devient administrateur de l'Ademe (2003-2006) avant d'être appelé par son mentor Philippe Séguin comme Conseiller maître à la Cour des comptes en 2006 ...

L'ombrageux Henri Guaino ne s'est que très peu frotté directement à la politique si ce n'est une tentative ratée aux élections municipales de 2001 (9,69%) sous l'étiquette Séguiniste-RPR retrouvée face au dissident Tiberi.

Début 2006, Guaino fait une offre de services au ministre de l'Intérieur arguant qu'un libéral atlantiste ne gagnera jamais une élection française... Banco!!! Le pragmatique Nicolas Sarkozy le prend dans son équipe et Guaino prend la plume pour le discours de Nîmes de mai 2006 et devient "l'homme qui murmurait à l'oreille du candidat".

Néanmoins avec le temps, Henri Guaino se fait de moins en moins gaulliste et de plus en plus parti social français (PSF) troquant la mystique patriote pour la religion nationaliste. Nicolas Sarkozy s'en frotte les mains: "l'identité nationale" et "le travailler plus pour gagner plus" séduisent l'électorat populaire et ramènent les brebis égarées vers le FN..

La victoire acquise, c'est à reculons que l'arlésien entre au cabinet de l'Elysée. Il demande d'abord au nouveau tsar de réaliser un vieux rêve : refusionner et diriger EDF-GDF. Mais Claude Guéant, le dircab de Sarko, l'énarque typique que conchie Guaino l'en empêche. Déçu, il demande Bercy après le départ de Borloo...encore raté!!!

Pour faire passer la pilule, Nicolas Sarkozy soigne Guaino en lui laissant la liberté d'intervenir dans les médias et en renvoyant son autre "plume", Emmanuelle Mignon vers Versailles... Bref, Sarko ménage son "éminence grise"... il pourrait partir vers son successeur!!!

Sebald, Beyle et Kafka

W. G. Sebald décrit dans "Vertiges" quelques moments choisis dans la vie de Stendhal : le passage du Grand-Saint-Bernard en mai 1800 avec l'armée de Marmont, sa découverte de la musique de Cimarosa au théâtre de d'Ivrea, son affectation au 6ème régiment de Dragons. Parmi ces courts aperçus, il en est un, étrange et qui mêle réalités, fiction littéraire et citations.

Sebald rapporte que dans "De l'Amour", Stendhal prétend avoir fait au départ de Bologne un voyage vers le Lac de Garde en compagnie d'une certaine Mme Gherardi, personnage mystérieux voire fantomatique.



Arrivés sur les bords du lac, les deux voyageurs prirent un bateau qui les conduisit au port de Riva "où deux garçonnets assis sur le quai jouaient déjà aux dés. Beyle attira l'attention de Mme Gherardi sur une vieille et lourde embarcation dont les voiles brun-jaune pendaient au grand mât cassé dans son tiers supérieur ; elle avait apparemment accosté depuis peu et en descendaient maintenant deux hommes en redingote foncée à boutons d'argent portant à terre une civière où, sous un grand châle à franges et motif floral, était visiblement allongée une forme humaine. Mme Gherardi fut si desagréablement impressionnée par cette scène qu'elle insista pour quitter Riva sans retard".

Ceux qui ont eu la chance de ne pas appartenir à la génération porno-sentimentale mitterrandienne et qui sont passés au travers de la réforme Jospin de 89, auront reconnu dans la scène des enfants et du corps qu'on débarque du bateau, une claire allusion au "Chasseur Gracchus" de Kafka. Un de ses rares récits, lumineux, coloré et paien et qui pour une fois ne donne pas le sentiment de se dérouler dans l'atmosphère poisseuse d'un Shtetl de Biélorusses consanguins.

Sebald cite Stendhal qui semble citer Kafka qui cite lui-même la légende du Hollandais volant.
Quelques lignes plus loin, Sebald décrit Stendhal offrant à Mme Gherardi la fameuse petite branche recouverte de cristaux de sels dont il tirera sa théorie de la cristallisation amoureuse que connaissait tout élève de première moyennement cultivé d'avant 1980.

Ainsi cette petite branche cristallisée devient elle-même comme le symbole et l'aboutissement de tout ce récit qui rassemble et combine en lui-même des réfèrences littéraires qui jouent entre elles et se répondent comme la lumière entre les cristaux. Et Mme Gherardi la parfaite image de cette génération de crétins qui ne reconnaissent plus rien.

28 septembre 2007

Grand Popo Football Club


"Antoine Fillon serait scatophile !!". Voici la dernière rumeur qui court dans tout Paris sur le fils de notre vénérable et rassurant 1er ministre. En effet, selon une enquête diligentée par le mensuel Capital (magazine marxiste comme son nom l’indique et proche des mouvances d’extrême gauche) Antoine Fillon aurait adhéré à l'Amicale de la cuite et au groupe « Je suis trop fier de mon caca ». Cette nouvelle attaque visant à salir l'honneur du leader charismatique du gouvernement Sarkozy est totalement scandaleuse !
En conséquence, le CGB demande les démissions immédiates de François Hollande et de Razzye Hamadi (président du MJS).

26 septembre 2007

Faut-il supprimer le réel ?

Avant-hier à midi sur Canal+, la question du jour : « Faut-il supprimer les chiens dangereux ? ». Aux manettes de ce débat sans intérêt, deux chiens de garde estampillés « journalistes », un lilibobo genre nightclubber et un premier de la classe genre Rantanplan. Deux chiens d’élevage évidemment très dangereux, la question à se poser avant toutes les autres étant ici : « Faut-il supprimer ce genre de programme ? ».


Mais bon, les deux zigotos n’en ont pas démordu, et telles deux tiques accrochés à leur hôte, de faire fuser les questions cruciales : « Qui sont les chiens dangereux ? », « Faut-il rafler les pitbulls nationaux-bolchéviks et les dogues allemands et les envoyer à Drancy ? », « Faut-il organiser une Yorshire Pride ? », « Faut-il tenir les enfants en laisse ? ».
Mais des interrogations majeures furent occultées. Par exemple se demander : « Faut-il supprimer tous les chiens ? », « Faut-il supprimer tous les serpents venimeux ? », et avec tous ces accidents sur les routes départementales, « Faut-il supprimer tous les platanes ? », et ne faudrait-il pas supprimer tous les arbres tant qu’on y est, et à cause de toutes ces noyades dans les baïnes, « Faut-il supprimer les baïnes et les grosses vagues ? »…et d’évoquer le permis pour chien, et pourquoi pas avec toutes ces femmes battues et mordues, le permis pour homme. On y vient, n’ayez crainte.

Les ravages du gauchisme

Les ravages du gauchisme tapettisé et de son hystérie subséquente

Quand ce ne sont pas des immigrés sans papiers qui se jettent par la fenêtre, terrorisés par les cris hystériques des gauchistes qui hurlent honteusement à la rafle et au fascisme, ou des paumés qui décorent de croix gammées nos jolis cimetières, ce sont de jeunes abrutis qui, l'esprit ravagé par les discours fantasmatiques de ces mêmes gauchistes, tirent en pleine rue sur Marine Le Pen *. On ne dira jamais assez le mal que font à la France ces idiots du système en propageant la peur et les réactions irrationnelles. Sans surprise, cet incident n’a pas provoqué d’émoi parmi les médias aux ordres du système. Ils n’en n’ont pas parlé. Imaginez un instant le même incident avec pour victime Olivier Besancenot ou Arno Klarsfeld et comme agresseurs deux jeunes cons écoutant du black métal et collectionnant les figurines Panini du Troisième Reich. J’entends déjà les 20 heures de TF1 et de France 2 ouvrant sur une « terrible agression » perpétrée par de « jeunes néo-nazis proches du Front National » ! Et à suivre les débats sur la montée de l’antisémitisme et le énième retour du fascisme…

* Extrait de la dépêche AFP :
« Campagne tumultueuse. Marine Le Pen, numéro deux sur la liste du Front national pour les élections municipales à Hénin-Beaumont, a été prise à partie samedi (22 septembre 2007, ndlr) par deux individus porteurs d'un pistolet à grenailles.
L'agression se serait déroulée à la sortie d'un café où la fille du leader frontiste buvait un verre en compagnie de Steeve Briois, le numéro un de la liste FN, et de son équipe, pendant une braderie. Les deux individus, «apparemment mineurs» selon Marine Le Pen, ont insulté la candidate, avant que l'un d'eux brandisse un pistolet. »

Respect

Vous êtes patron d’un grand groupe média et vous en avez assez des dérapages en direct de vos journalistes ??!! Adoptez dès aujourd’hui la méthode François de la Brosse !! Garantie 100% PR TV !!

Problème de slip

M6 Boutique présente : Réussir son entretien d’embauche en 10 leçons.

Aujourd’hui, Comment affirmer sa personnalité tout en respectant son interlocuteur.

25 septembre 2007

Le Sahel est un grand bac à sable

Dans la série « C’est arrivé près de chez moi »*, après avoir semé la confusion dans leurs esprits et les avoir initiés au monde marchand, nos animateurs libertaires apprennent à nos jeunes à devenir de bons touristes.

Nigériens en tenue traditionnelle

Comme le dit le chapeau de l’article de Sud-Ouest**, au centre de loisir, des artistes du Niger ont fait découvrir leur culture aux enfants du parc Berthon. Et un peu plus loin on peut lire à propos de la finalité de l’évènement : « Le but est de sensibiliser les jeunes à une culture avec laquelle ils ne sont pas familiers ». Mais il me semble qu’une telle finalité aurait dû appeler une autre action que celle consistant à faire venir une vingtaine d’artistes nigériens pour danser et jouer des percussions***. La culture avec laquelle ces jeunes ne sont pas familiers et à laquelle il faudrait au préalable et en priorité les sensibiliser, ne serait-ce pas la culture française ? Car comment être sensible à une culture étrangère quand soi-même on n’a pas expérimenté ce qu’est posséder une culture et une identité, sans même savoir ce qu’est une culture et à fortiori sa culture ? Comment ne pas recevoir autrement qu’avec une curiosité toute ludique et touristique ce qui vient d’ailleurs, quand soi-même on ne sait pas le caractère profond et sacré d’une culture, quand soi-même on ne sait pas qui on est, et que de surcroît on pense que Notre-Dame de Paris est une comédie musicale datant d’il y a quelques années et qu’au commencement de tout était le SMS. Quand on voit que plus loin dans l’article nous est resservi le poncif de l’ « échange culturel » et qu’on garde à l’esprit combien nos gosses disneylandisés, nintendoisés et macdoisés sont si peu imprégnés de culture française, y’a de quoi rire et y’a de quoi se demander si le but de l’opération, sous couvert d’échange culturel, n’est pas plutôt de refourguer aux nigériens toute cette merde prédigérée par nos mômes. On peut se demander dans quel sens se fait cette ouverture des frontières culturelles (cette mini-mondialisation) et avec quels résultats.


Mais j’oubliais que selon la doxa qui sévit chez nos animateurs libertaires, la culture française est une culture esclavagiste, raciste, homophobe, ringarde, réactionnaire et fasciste. Bref, la culture française c’est moins cool que la culture nigérienne. Alors, à ce titre, continuons logiquement à faire de nos enfants de bons petits touristes, c’est-à-dire de futurs colons.

* Chaque semaine le journal Sud-Ouest regorge d’articles relatant les méfaits commis par les animateurs locaux. Mais ce n'est évidemment pas dans les pages des faits divers qu'on les retrouve mais dans les colonnes Vie locale ou Culture. Ecoles, centres de loisirs, associations dites « culturelles », ateliers citoyens, des moyens considérables sont déployés (souvent par les municipalités de gauche) pour « sensibiliser » les jeunes, comme ils disent, et donc les conduire sur la voie du Bien.

** article intitulé « Du Sahel au bac à sable »

*** A la lecture de l’article, on comprend que cette découverte de la culture nigérienne s’est essentiellement résumée à cela : « Que ce soient à la danse, aux percussions qui connaissent un franc succès, ou à l’atelier théâtre, les jeunes sont motivés ». Les jeunes sont donc motivés plus qu’intéressés et évidemment la découverte du théâtre nigérien, fleuron du genre, était d’une urgence absolue ; quant à la danse, on sait bien que la France, notamment sous le règne de Louis XIV, n’a eu en la matière qu’une influence très mineure. Enfin des noirs qui dansent et jouent du tam-tam, ça fleure bon le néo-colonialisme non ?

24 septembre 2007

ZEROES

Connaissez vous leur super pouvoir ?




Theodore veux tu nous rejoindre ? Ecris nous : cgbang@hotmail.fr.

Merci.

23 septembre 2007

Hagiographie

Mardi 25 septembre, France2 diffuse H.B. Human Bomb, un docu-fiction retraçant la prise d’otages de l’école maternelle de Neuilly avec comme personnage (héros ?) principal Nicolas Sarkozy, notre Jack Bauer national ! En exclusivité le CGB vous présente le final trailer du téléfilm. D'ailleurs qui jouera le rôle du maire de Neuilly ? Christian Clavier ? Philippe Torreton ? Ou Sarkozy lui même ?



Et si Ségolène Royal avait gagné l’élection présidentielle, aurait on eu droit à un docu-fiction sur son émouvant combat pour le maintien de l’appellation du fromage de chèvre « Chabichou » ??

TF1 de toi



Une angoisse vous saisit lorsque vous entendez le générique du JT de TF1? Pas de panique, ce sont juste les réminiscences d'un thème musical très connu...

Le dark kumite


Après un tournoi truqué en avril-mai 2007... les choses vont commencer... celles du Dark Kumite!



Chacun se souvient de l'odieux tournoi truqué pour la succession du vieux Nécromancien qui avait opposé des seconds (voire) des troisièmes couteaux dans une lutte plus pathétique qu'héroïque.

Le brut, l'émotionnel, le babil, le cru avaient été les pièces maîtresses d'un nain gavé de lui-même, d'une cruche mystique, d'un lutin à l'oeil bovin, d'une vieil orc puant la naphtaline et d'un gnome prétentieux.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire et le nain vicieux au parler "cash"(er) s'est vu remettre les clés du Royaume.

Seulement voilà, le nain vindicatif a peut-être trop désiré pendre à un croc de boucher l'Elfe, disciple du Nécromancien... Et dans la torpeur estivale, l'Elfe a porté quelques coups bien placés au roi-nain...

Et c'est bien là que les choses sérieuses commencaient... pendant que la cruche et ses camarades trolls se dissolvaient dans le ridicule, l'Elfe multipliait les uppercuts et les manchettes aidé par le gnome prétentieux très remonté: dénonciation de l'esprit de cour, appel aux résultats, sarcasmes sur la frénésie du Minus Ier (sans Cortex).

Une guerre de cinq ans vient de s'amorcer, un tournoi ultime interdit aux mous du bulbe, aux trolls couperosés et aux dames-patronesses...


22 septembre 2007

On a échangé nos mamans



Nicolas Sarkozy, the first president certified 100% Real Tv.

Kiffe kiffe Bang bang

Après l'excellentissime post de TheNightWatch, le CGB est retourné dans ses archives pour vous dénicher un petit florilège des interventions de Faïza Guène lors de son passage dans l’émission de FOG en septembre dernier. Perso au CGB, on a particulièrement apprécié sa théorie fumeuse sur le professeur de ZEP, fraîchement sorti de l’IUFM et abonné à Télérama, vu comme le méchant colonisateur blanc par certains élèves de banlieue. Bref une bonne grosse ficelle marketing largement utilisée par nos amis rappeurs.

21 septembre 2007

Mahmoud Ahmadinejad, Hugo Chávez : l'espoir.


ps : ce post engage la responsabilité de son auteur et non celle de toute l'équipe du CGB

20 septembre 2007

Useful idiots

Tudieu! La littéraire française n'est pas au bout de ses surprises, et ceux qui à l'instar de votre Anarque le plus dévoué jettent régulièrement sur sa dépouille agonisante un oeil scrutateur et inquiet ne le sont pas plus! La dernière en date, tout compte fait très prévisible, m'a été dévoilée par un billet sarcastique du génial traducteur Claro. Je vous la livre telle quelle : dans notre paysage culturel quasi-moribond, un nouveau groupe d'écrivains français, que dis-je! un nouveau mouvement littéraire est né! Avec manifeste à l'appui et tout le décorum! Enfin... pour l'instant, ces humbles Artistes tout nimbés de génie n'ont pas daigné aller plus loin que le terme "collectif", mais on sent que le coeur y est! La preuve, ils ont même une photo officielle! Sans plus tarder, je la dévoile à tes yeux fébriles, impatient lecteur.




Ils sont dix, mais ils ont la gniaque pour cent - as-tu noté, ami lecteur, l'implacable, l'impressionnante détermination se dégageant du regard de celui qui trône nonchalamment au centre de cette digne assemblée? -, ils sont jeunes, ils sont "black-blanc-beur" et ils ont nom solennel : collectif "Qui fait la France". Tout un programme!... que les Inrockuptibles, inlassables mécènes des talents les plus (com)prometteurs de l'Hexagone, ont paraît-il exposé en leurs pages. Pensez donc! Passer à côté d'une pareille occasion! Rater les derniers poulains de l'incontournable scène littéraire française! Ce serait vraiment déroger à leurs plus intègres préceptes. Ledit manifeste peut cependant être lu, merci Internet, sans passer par cet impayable torchon, ici même. Et quelle gueule de manifeste! Ebouriffant! Quel souffle, quelle audace! Un vent de fraîcheur balaie les lettres de France... Et dire qu'il fut un temps, pas si éloigné, où le dernier vrai groupe littéraire français pouvait naître avec un faire-part comme ça! Mais qui chantera la force des manifestes du temps jadis? Laudator temporis acti, c'est mon péché mignon...

C'est tellement bouffon qu'on peine à croire que quelqu'un ait pu lire ça sérieusement, et plus encore le publier sans s'esclaffer. Mais tout le monde n'a pas l'inoxydable sérieux des Inrocks. Ainsi, il s'est trouvé certains mauvais esprits, outre Claro, pour se gausser de manière peu charitable de ce charabia collégial un rien compassé. Impardonnable trahison, il s'en est même trouvé dans un hebdomadaire pourtant ami de la clique à Bourmeau! Fabrice Pliskin, dont le CiGiBi avait déjà vanté les mérites, a ainsi commis dans les pages du Nouvel Observateur, ô fourberie, l'irrémissible crime d'étriller un peu ces jeunes fanfarons, oh, bien gentiment, pourtant, du bout de la plume, à peine... C'en était déjà trop pour ces messieurs, qui ont jugé bon de répondre tout de go à l'outrecuidant confrère. Les guerres ne naissent pas autrement! Une nouvelle querelle des Anciens et des Modernes? Malheureusement, je crains que personne n'ait les épaules, d'un côté comme de l'autre, pour endosser d'aussi poussiéreux costumes. Toujours est-il que le Nouvel Observateur, repentant, a retiré le texte de Pliskin de sa version en ligne et qu'il faut donc recourir à une copie scannée pour le consulter. Amour de l'inconséquence ou nostalgie du samizdat? Les voies du rédac' chef sont impénétrables...

Mais revenons au concret : ces jeunes néo-naturalistes enragés, auteurs à vingt mains (diable!) d'un recueil de nouvelles paru chez Stock, sorte de Soirées de Médan wesh-style, ont le bonheur de compter dans leurs rangs la déjà fameuse Faïza Guène et le piteux Jean-Eric Boulin. Tous deux n'en sont pourtant pas à leur coup d'essai! Dangereux récidivistes! Boulin avait accouché l'an dernier, sous les hourrahs de la Presse, d'une petite charge très convenue, Supplément au roman national (Stock toujours), sorte de pamphletcule dérisoire et maladroit. Quant à Faïza Guène, inoubliable auteur de Kiffe kiffe demain, elle avait pourtant déjà été rappelée à l'ordre de manière très judicieuse par ce taquin de François Taillandier dans un billet publié par l'Humanité, alors même que toutes les bonnes âmes n'en finissaient plus de s'esbaudir devant cet audacieux "roman". Mais la fière demoiselle n'a de leçon à recevoir de personne! Autant dire que j'attends avec une impatience non feinte les oeuvres enfantées par un tel collectif, qui semble avoir confondu un peu vite le sacerdoce de l'art avec le catéchisme sociétal... Pour le moment, ça n'a pas l'air brillant, mais hé! je ne demande qu'à me tromper. Peut-être se trouve-t-il dans cet folle équipée un espoir inattendu qui fera mentir mes précédents propos sur la stérilité de l'association écriture & politique!

En attendant ce jour, c'est bibi qui se retrouve bien emmerdé! Moi qui voulais acquérir le troisième volet de La Grande Intrigue de Taillandier, justement, et le Cendrillon de Reinhardt, pourtant publiés eux aussi chez Stock! Amère injustice! Devoir engraisser ceux-là même qui ont pu encourager une telle pantalonnade! A n'en pas douter, les voies de l'édition sont elles aussi obscures aux profanes... A moins que l'on en vienne à penser qu'un grand éditeur n'a pas de politique cohérente? Ah, pardon, on appelle ça "ouverture d'esprit"? Autre temps, autres termes... Non, la vraie question, ce serait : et mon porte-monnaie, il a une éthique, lui? Désolé, bonnes gens, je n'ai pas de réponse à cette angoissante énigme.

Le petit rapporteur





Selon le Canard, Laurent Ruquier envisageait de diffuser un petit extrait de l'émission Double jeu présentée par Ardicon diffusée sur France 2 le 25 janvier 1992. Jacques Martin s'interviewait lui-même et s'est demandé en conclusion :


Quelle est la dernière personne que tu aies eu envie de tuer ?
- Le maire de Neuilly.

On ne comprend vraiment pas pourquoi la production a eu peur (tout comme, l'inexplicable raison de la déprogrammation du chef argenté de l'opposition du 20 heures de France 2 la même semaine).

Rappelons que l'on attend toujours l'hommage du Chef de l'Etat pourtant peu avare de ce genre d'exercice...Notre hypercompassionnel président aurait-il un problème avec les chansonniers défunts ou les animatrices radio un peu enveloppées (rien non plus sur le décès de l'animatrice radio "Super Nana" décédée le même jour)???

On espère au moins que Robert Quibel et Le Prince de Haynin auront la légion d'honneur...

Pour finir, un petite citation d'un (très) bon ami de Jacques, Jean Yanne...que notre manager général devrait méditer:

"L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, c'est une connerie. Prenez les éboueurs..."

19 septembre 2007

Mini Skirt Style



Afin d’éviter tout contrôle fiscal intempestif, la partie intime de la First Lady Française a été soigneusement floutée par notre service technique. Néanmoins, si vous désirez obtenir la version uncensored du couple Jacques et Cécilia, envoyez nous un e-mail avec vos coordonnées bancaires pour un virement de 500 euros …

N.B. : Nous avons également une séquence vidéo dite upskirt mais hors de prix. Collector oblige.

Reconversion

18 septembre 2007

Marianne (James)

Un peu de publicité... je vais parler cash, okay.... vous ne supportez pas Jean-François Kahn et Marianne, cet hebdo aux titres surgonflés et surgonflants...et bien vous n'aimerez pas la nouvelle version de leur site internet animée par l'excellent Philippe Cohen assisté du non moins fûté Julien Landfried (de l'Observatoire du communautarisme).

16 septembre 2007

Karl Chasseur de Buzz

Aujourd’hui une petite vidéo CGB sur Karl Zéro aka the King of the Buzz.
Son dernier en date ? L’interview de Mustafa Kocakurt qui révèle en exclu que Nicolas Sarkozy est favorable à la peine de mort …

Karl un conseil, la prochaine fois réalise des interviews sur des personnes mortes comme Mère Teresa : prostituée à 14 ans dans les bordels de Bangkok ou Raymond Barre : Champion olympique du 110 mètres haies aux Jeux de Berlin. Au moins tu éviteras de voir tes buzz se faire casser en direct par Marc Olivier Fogiel.



Courage Karl. Au CGB nous sommes sûrs que tu finiras par l'avoir ton interview du siècle.

15 septembre 2007

Super Lourdingue



Vendredi 14 septembre. Jacques Martin est mort et les polémistes d’On Refait le Monde lui rendent un dernier hommage … à leur manière. On se rend vite compte qu’ils n’ont strictement rien à dire ! Parce que « Merde on refait le monde ! ». « Merde on est des polémistes de classe internationale ! ». La séquence dite souvenir se transforme alors en parodie des Jeux de 20 heures, les polémistes devant placer en moins de 3 minutes les mots : « Jacques Martin », « Cécilia Sarkozy », « Collaro Show », « Pute » et en bonus à 1000 points « les Guignols sont très drôles » ! Rien que ça !
Parce que merde à On Refait le Monde, on sait des choses que toi pauvre auditeur ne soupçonnes même pas !

Eh m’sieur l’Président, ya Nicolas Poincaré sur RTL qu’a dit qu’ta meuf c’était une pute !




Promis, juré c’est la dernière séquence commentée de ORLM.

14 septembre 2007

Amour Amitié

Pote un jour, pote toujours !


Photo : Jacques Martin (à droite), en compagnie de son compère Nicolas Sarkozy, le 27 janvier 1979 sur la Grande muraille de Chine.

13 septembre 2007

12 septembre 2007

Bonaparte au pont d'Arcole


Étrange portrait officiel de notre président. La couverture du livre situé juste derrière la tête porte en son centre un blason ou des armoiries qui lui font comme une oreille postiche placée exactement au même niveau que celle de gauche. A moins qu'ils ne fassent comme un projectile menaçant sa tempe de droite.
Sur le drapeau le cône étêté de couleur blanche est une énorme tache au centre de l'image. On ne voit qu'elle.
Les quatre étoile de gauche donnent au portrait officiel l'allure d'une affiche du cirque Pinder.


Et pourtant ce portrait prétend bien faire partie de la lignée des portraits d'homme d'Etat en fonction. Non pas dans la majesté de leur rôle mais dans leur travail administratif et quotidien.

C'est la même posture que celle du “Napoléon dans son bureau” de David. C'est aussi la même position du corps, le même regard, le même sourire. La main gauche est dans les deux portraits mise en évidence : elle pend mollement au bout du bras chez l'un, elle serre vigoureusement un sceau chez l'autre.

Et l'on y retrouve les petites étoiles. Mais dans le tableau de David, elle sont placées sur une boule d'ivoire symbole du monde à portée de main de l'Empereur.

A portée de la main vide de notre Président il n'y a rien.

11 septembre 2007

Oussama Ben Laden's club


C'est officiel!!! Oussama Ben Laden vient d'inaugurer sa nouvelle émission culturelle: L'Oussama Ben laden's Club...

Il nous a bien sûr livré ses coups de coeur:

"Cette guerre était complètement non nécessaire, comme l’établissent vos propres enquêtes. Dans votre camp, parmi les plus compétents qui s’adressent à vous sur le sujet et sur la manipulation de l’opinion, se trouve Noam Chomsky. Il a donné des conseils raisonnables avant la guerre."

Tout d'abord, Noam Chomsky et en particulier, La Fabrique de l'opinion publique : la politique économique des médias américains.

"Parmi eux se trouve le penseur européen qui a anticipé la chute de l’Union Soviétique qui s’est bien sûr effondré. Il vous serait bénéfique de lire ce qu’il a écrit au sujet de qui advient après l’empire, pour ce qui concerne les Etats-Unis d’Amérique"

Son autre choix semble se porter sur l'ensemble de l'oeuvre d'Emmanuel Todd notamment La chute finale et Après l'Empire...que pensera-t-il de son dernier opus Le rendez-vous des civilisations?

Le mois prochain l'Oussama Ben laden's Club s'interessera à l'oeuvre d'Alain Soral...il fera même une petite apparition au théatre de la main d'or!

9 septembre 2007

Culture d'entreprise.

Complainte pour une édition raisonnée de Philip K. Dick

J'apprends avec un enthousiasme mêlé de colère par le biais de Chronic'art que les éditions du Cherche-midi sortent en octobre prochain dans leur collection "NéO" (Matrix, anyone?) un roman inédit de Philip K. Dick intitulé Les voix de l'asphalte. Une de ses premières oeuvres, non repertoriée dans la bibliographie de son site officiel et datant de 1953 - de cette époque où vivant mal son statut ingrat de nouvelliste de science-fiction et frustré dans ses ambitions d'écrivain, admirateur qu'il était des oeuvres de Flaubert ou Dostoievski, il tentait de percer dans la littérature mainstream par le biais de romans réalistes. Evidemment, je ne pourrai pas résister à la tentation de me procurer ce roman, ne serait-ce que par curiosité. Mais pourquoi, alors, évoquais-je cette colère et comment expliquer ces sentiments mitigés? Il y a trop longtemps que l'amoureux de l'auteur d'Ubik que je suis refoule ce cri, aussi anecdotique soit-il, et c'est à vous, innocents lecteurs qui n'avez rien demandé, qu'incombera la tâche absurde de recueillir cette impuissante déferlante.


Les amateurs de Philip K. Dick ont tous pu remarquer, eux qui pouvaient être auparavant toisés d'un oeil moqueur par les tenants d'une littérature "exigeante", pour qui Dick n'était bien sûr qu'un auteur de science-fiction, autant que par les sectateurs de la dite SF, pour qui Dick n'était qu'un olibrius excentrique déviant par trop des cadres imposés du genre - trop abscons, trop philosophique, trop rétro -, à mesure que passent les décennies, a fortiori depuis le passage au troisième millénaire et notamment la sortie triomphale du brillant Minority Report de Spielberg en 2002, un engouement de plus en plus populaire se faire autour de leur auteur fétiche. Bien sûr, nos roués éditeurs, à qui on ne l'a fait pas, profitent de cette vague irréversible de dickianisation du Zeitgeist pour faire leur métier, et donc s'enrichir autant que faire se peut sur la bête Littérature. Ainsi vont les affaires des hommes...

Entre 2001 et 2007, les rééditions et sorties inédites se sont multipliées (la palme revenant sans conteste à la très opportuniste maison Gallimard et sa racoleuse collection "Folio SF", qui exploite ce genre littéraire depuis à peine quelques années avec un zèle de nouveau converti), livrant parfois de bonnes surprises et souvent d'inutiles reprises. Tout cela est bel et bon, direz-vous, si cette politique peut permettre de faire connaître les écrits de Dick à un public toujours plus large. Certes, le fait de pouvoir désormais retrouver des oeuvres telles que Le guérisseur de cathédrales, Glissement de temps sur Mars, La bulle cassée ou Coulez mes larmes, dit le policier disponibles en poche est sans conteste une bonne chose, et concernant ces deux derniers titres, il n'y a rien à redire, la collection 10/18 ayant toujours été très fidèle à l'oeuvre du maître. Certaines éditions, dickiennes par essence, comme Les moutons électriques, allèrent dans une démarche plus justifiée jusqu'à publier un essai sur son oeuvre (Les romans de Philip K. Dick, de Kim Stanley Robinson) et le script inédit qu'avait réalisé Dick pour une adaptation cinématographique de son immortel Ubik. Le cinéma, d'ailleurs, n'est pas en reste : depuis la fin des années 90 et l'introduction réussie des paradigmes narratifs dickiens dans certains films (The Truman Show, ExistenZ, Cube, Matrix, ...), Hollywood s'emballe pour cette poule aux oeufs d'or avec plus (Minority Report, A scanner darkly) ou moins (Paycheck, Next) de succès. Ainsi rend-on un foisonnant hommage, bien que non désintéressé, à ses vertus de conteur.


Amis éditeurs, l'androïde PKD vous salue bien! Attendez un peu le modèle Nexus 6...

Mais le penseur Philip K. Dick, qui s'en soucie? Si l'on exclue la très belle initiative des éditions L'éclat, en 1998, qui avaient compilé quatre conférences parmi les plus intéressantes de l'auteur dans Si ce monde vous déplaît... et autres écrits, la réponse est sans appel : personne! Alors plutôt que de racler les fonds de tiroir, aussi prestigieux soient-ils, peut-être serait-il temps qu'un éditeur français, plus intelligent ou plus réellement épris de cette fibre humaniste derrière laquelle se cachent les grandes enseignes pour faire leur beurre, se propose de mettre à disposition du lectorat français certaines pièces manquant cruellement à la bibliographie francophone du regretté Phil. Qu'attend-on pour simplement réunir toutes ses conférences et essais en un seul volume (ce recueil existe depuis belle lurette sur le sol américain : The shifting realities of Philip K. Dick)? Et qui, un jour, osera s'attaquer à la partie cachée de l'iceberg et enfin donner à lire ce qui occupa les jours et les nuits de cet esprit tourmenté durant les huit dernières années de sa vie? Au lieu de nous gaver, pour noyer le poisson, de compilations hasardeuses de certaines nouvelles parmi les quelques 120 déjà disponibles dans des dizaines d'éditions différentes, parfois dans leur totalité (les recueils établis par Denoël), formant ainsi un labyrinthe bibliographique sans queue ni tête, que ne s'occupe-t-on enfin du Grand Oeuvre dickien, des 8000 pages de l'Exégèse?!

Cette somme qu'est l'Exégèse, entamée en 1974 et restée inachevée, c'est avant tout le journal intime bouillonnant et bordélique d'un philosophe et théologien autodidacte. Le refuge et l'appui d'un homme en proie au doute concernant sa santé mentale, remettant sans cesse en cause la véracité de ses sensations aussi bien que la probité de sa raison. Un immense fourre-tout artistique et ésotérique situé quelque part entre les Cahiers de Paul Valéry et ceux de Simone Weil, les pensées de Pascal et les délires de Swedenborg (non, je ne ferai pas de parallèle avec les TDO du métaprophète, il serait trop flatté, cet âne!). C'est le dialogue abondant et schizophrénique que Philip K. Dick entretint avec Horselover Fat, son alter-ego, mais surtout le résultat de sa cohabitation avec ce qu'il avait lui-même surnommé VALIS (Vast Active Living Intelligence System), cette entité qui depuis sa révélation chrétienne de mars 1974 le submergeait d'images et de messages aussi sybillins et polyglottes que (parfois) divinatoires. Se considérant depuis ce jour fatal comme un catholique romain et l'héritier des visions du prophère Elie - voir la transposition romancée que fit le dessinateur Robert Crumb de son expérience religieuse - Philip Kindred Dick ne cessa de s'interroger sur le phénomène dont il était victime.

A plus d'un titre, l'Exégèse est un fatras confusionnel tel qu'il semblerait pouvoir s'incruster sans peine dans le recueil d'André Blavier sur Les fous littéraires, et nombreux furent (et sont encore) les inconditionnels de Dick qui le renièrent à compter de cette période, le considérant au mieux comme une inconséquente grenouille de bénitier, au pire comme un fou clinique, un illuminé complètement grillé par l'abus de substances chimiques. Pourtant, l'Exégèse est aussi une ambitieuse tentative intellectuelle arrachée au délire mystique de son auteur, qui convoque pour déchirer le voile de Maya et atteindre la vérité autant de systèmes de pensée apparemment contradictoires que la philosophie grecque présocratique, le taoïsme, le gnosticisme des premiers chrétiens et la parapsychologie jungienne. Un ensemble aussi chaotique que riche et passionné qui est surtout ni plus ni moins que le testament de l'auteur. Croyez-vous qu'un de ces sagouins d'éditeurs français prendrait la peine de rendre accessible aux lecteurs, comme ce fut fait il y a plus de quinze ans aux Etats-Unis par Lawrence Sutin, biographe et spécialiste de Dick (In pursuit of Valis : Selections from the Exegesis), ne serait-ce qu'une sélection critique et commentée des passages les plus cohérents et lisibles de ce monstrueux travail? Il est si simple de faire de l'argent sur un fonds existant, déjà traduit et dont la popularité va croissant... Je mets au défi un seul de ces margoulins de me donner tort! Qui aura ce courage? Allons, messieurs... n'y a-t-il personne dans ce panier de crabes dont les exigences se situent un peu au-dessus des mécanismes huilés du commerce? N'y a-t-il pas un homme, parmi tous ces androïdes?!

8 septembre 2007

Ioulia Kapoustina craque !!


Ce que craignait le CGB, à juste titre, s’est malheureusement produit ! Nicolas Poincaré n’a pu s’empêcher d’interroger Ioulia Kapoustina sur les fameux calendriers !

Ioulia Kapoustina craque en direct sous la pression de Nicolas Poincaré



Le lecteur averti du CGB aura remarqué la totale incongruence de la dernière question « Vous avez déjà vu un match de rugby ? ». Question digne du capitaine Clarence Oveur ! Y a t il encore un pilote dans l'avion On Refait le Monde ??



La question d'Hervé Chabalier:
Vous avez déjà vu un match de rugby ?




La question de Claude Askolovitch :
Et tu as déjà vu un monsieur tout nu ?






La question de Denis Tillinac :
Tu as déjà été dans une salle de gymnastique ?






La question de Claude Cabanes :
Tu aimes les films sur les gladiateurs ?






La question de Jean-Luc Mano :
Est-ce que tu as déjà visité une prison turque ?






La question d'Yves Thréard :
Est-ce que tu aimes quand Scraps se frotte à ta jambe ?

7 septembre 2007

Cosmocats!!!


Nous tenons à sportivement féliciter l'équipe de Rugby d'Argentine pour le match divin qu'ils viennent de faire (rencontre que nous n'avons évidemment pas vue!)...

Douche froide pour Festivus Festivus... Claque dans la gueule de Sarkozy ET Delanoe (au moins avec Chirac, on gagnait en sport ... Sarko c'est la France qui perd??)

Hier, ils se bousculaient tous au portillon pour nous livrer leurs pathétiques prestations (mention spéciale pour Xavier Darcos), dès demain... Laporte et Chabal se feront conspuer, le bruit ambiant parlera "d'énorme désillusion"... c'est ça la médiacratie, on lèche, on lâche puis on lynche.

La post-humanité ne pourra pas défiler sur les Champs-Elysées, ni faire chier les voisins. Ainsi parle le Réel qui ne respecte jamais la joie...surtout pas celle d'un plat réchauffé de 1998.

Par ailleurs, il faudrait élever une statue à la gloire de l'empêcheur de fêter un rond: Marco Materazzi qui, ce matin déclarait "La France perdra... à San Siro". Il aurait également pu ajouter "au Stade de France", l'Eglise, la Terre sacrée, souillée par de vilains pumas descendants de basques et d'allemands devant un public ignare.

Auguste Oracle, il savait bien, lui, que les simagrées de Zidane avec Orange ne servaient à rien...La Fête est (presque) gâchée, encore un effort!

Bravo les pumas!!!! Don Corleto el magnifico!!!


Royal vs Trierweiler

Paris-Match a réalisé cette semaine une "formidable" interview de Ségolène Royal post mai 2007, post Closer et post Choc. Rien de nouveau en somme …

Toutefois le CGB a réussi à se procurer une interview vérité entre la journaliste vedette de Paris Match, Valérie Trierweiler, et la candidate malheureuse du Parti Socialiste. Interview censurée, interview impossible …

6 septembre 2007

Le libéralisme...voilà l'ennemi!


Philippe Muray avait mis Elisabeth Lévy sur la trace de Jean-Claude Michéa... et comme les archives sont peu fiables voici le fruit de leurs échanges...dans un hebdo libéral.



Jean-Claude Michéa et la servitude libérale

06/09/2007-10h36 - Propos recueillis par Elisabeth Lévy -

Disciple d’Orwell, le philosophe Jean-Claude Michéa est un auteur-culte pour tous les amateurs de « pensée critique ». Pourfendeur acéré du capitalisme, inlassable avocat d’une société égalitaire, il n’épargne pas la gauche, coupable selon lui d’avoir rompu avec les valeurs humaines du socialisme originel. Dans L’empire du moindre mal (Climats), il s’attaque au coeur de la pensée libérale et à la « religion de l’économie ». A lire d’urgence, pour tout libéral.

Le Point : A vous lire, le libéralisme des Lumières qu’affectionne la gauche, et celui du MEDEF préféré par la droite sont les deux faces d’un même projet. La différence entre droite et gauche est-elle purement rhétorique ? L’extrême-gauche – que vous qualifiez aimablement de « pointe avancée du Spectacle contemporain » – se dit pourtant antilibérale sur le plan économique.

Jean-Claude Michéa : Quand on aura compris, une fois pour toutes, que le libéralisme - pièce maîtresse de la philosophie des Lumières – est fondamentalement une idéologie progressiste, opposée à ce titre à toutes les positions « conservatrices » ou « réactionnaires » (termes d’ailleurs popularisés par le libéral Benjamin Constant) les déboires historiques répétés des différentes variantes de l’ « anticapitalisme de gauche » perdront une grande partie de leur mystère. Il est, en effet, parfaitement illusoire de penser qu’on pourrait développer jusqu’au bout le programme du libéralisme politique et culturel, c’est-à-dire le programme de la gauche et de l’extrême gauche contemporaines, sans réintroduire, à un moment ou à un autre, la nécessité de l’économie de marché. Et il est tout aussi naïf de penser qu’on pourrait étendre à l’infini la logique du marché sans accepter la « libéralisation » des m?urs qui en est le complément culturel, comme n’importe quel bureaucrate communiste chinois a l’occasion de le vérifier quotidiennement. On comprend mieux pourquoi le socialisme originel ne se définissait généralement pas en fonction de ce clivage gauche/droite dont toute discussion est devenue sacrilège. Quelqu’un peut il citer, du reste, un seul texte de Marx où celui-ci appellerait à l’ « union de la gauche »?

Pour vous, le libéralisme est l’accomplissement du projet moderne dont l’ambition est la maitrise et la possession de la nature. Mais la modernité se caractérise d’abord par le passage de l’hétéronomie à l’autonomie, c’est-à-dire la possibilité pour l’homme de maitriser son destin. Est-il permis de préférer la « légitimité rationnelle » au droit divin ?

Sous l’influence de l’interprétation marxiste, on considère généralement la modernité comme le résultat « historiquement nécessaire » du développement de l’économie et des relations marchandes qui a caractérisé la fin du Moyen-âge et la Renaissance. C’est en grande partie une illusion rétrospective. Bien des civilisations, comme par exemple la Chine des Song, ont connu un essor comparable des processus marchands sans pour autant devenir « modernes » ou « capitalistes ». Ce qui est, en revanche, spécifique à l’Europe occidentale du XVIème et XVIIème siècle c’est l’ampleur et la durée inédites d’une forme de guerre très particulière : la guerre de religion ou guerre civile idéologique. Or si la guerre civile est « le plus grand des maux », comme l’écrit Pascal, c’est parce qu’en divisant les familles, en opposant les voisins et en brisant les amitiés, elle met en péril l’idée même de communauté politique. Le projet moderne, dont le libéralisme est la forme la plus radicale, est précisément né de la volonté de trouver à tout prix une issue à cette crise historique sans précédent. Il s’agissait, en somme, pour les élites du temps, d’imaginer une forme de gouvernementalité qui ne se fonderait plus sur des postulats moraux ou religieux particuliers - telle ou telle conception de la vie bonne ou du salut de l’âme - mais sur une base tenue pour « axiologiquement neutre ». Cela explique le rôle joué par la Raison et l’idéal de la Science dans les sociétés modernes. Après Galilée et Newton, il est devenu possible de croire qu’il existerait une manière purement « technique » de régler l’ensemble des problèmes que pose la vie en commun.

En même temps, des règles acceptées par tous et face auxquelles tous sont égaux ne sont-elles pas une garantie contre l’arbitraire et, partant, la condition même de la démocratie ?

C’est effectivement dans le cadre de cette conception « réaliste » et gestionnaire de la politique qu’il faut comprendre l’idéalisation moderne du droit et du marché. D’Adam Smith à Benjamin Constant, on attendait de ces dispositifs qu’ils assurent de façon purement mécanique la coexistence pacifique des individus en permettant à ces derniers d’agir en fonction de leur seul intérêt bien compris et non plus selon des considérations « idéologiques » supposées les dresser sans fin les uns contre les autres. Au c?ur du projet moderne et libéral, il y a donc la folle espérance d’une société devenue capable, grâce à la science et ses applications technologiques, de se passer définitivement de toute référence à des valeurs symboliques communes. Comme l’écrit Pierre Manent, l’Etat libéral est le « scepticisme devenu institution ».

Je vous concède que le scepticisme n’est pas très sexy. Reste qu’il garantit une certaine tolérance. La possibilité de coexistence de points de vue différents n’est-elle pas à porter au crédit du libéralisme ?

Le c?ur de la philosophie libérale est, en effet, l’idée qu’un pouvoir politique ne peut assurer la coexistence pacifique des citoyens que s’il est idéologiquement neutre. Cela signifie que dans une société libérale toutes les manières de vivre ont une valeur philosophique égale et que la seule limite de la liberté des uns est la liberté des autres. Concrètement cela revient à dire que chaque individu est libre de vivre selon sa définition privée du bonheur ou de la morale (s’il en a une) dès lors qu’il ne nuit pas à la liberté d’autrui. Tout cela est très séduisant sur le papier. Le problème c’est que ce dernier critère - central dans toutes les constructions du libéralisme – devient très vite inapplicable dès lors que l’on veut s’en tenir à une stricte neutralité idéologique (et je rappelle que lors du procès de Nuremberg, les juristes libéraux refusaient la notion de « crime contre l’humanité » au prétexte qu’elle impliquait une représentation de la « dignité humaine » liée à des métaphysiques particulières, et donc incompatible avec la « neutralité axiologique » du droit). Comment par exemple trancher d’une façon strictement « technique » entre le droit des travailleurs à faire grève et celui des usagers à bénéficier du service public ? Comment trancher entre le droit à la caricature et celui du croyant au respect de sa religion ? Comment trancher entre le droit du berger à défendre l’agneau et celui de l’écologiste citadin à préférer le loup ? Dès lors que l’on entend traiter ces questions, multipliables à l’infini, sans prendre appui sur le moindre jugement philosophique (c’est-à-dire, aux yeux des libéraux sur des constructions idéologiques arbitraires) elles se révèlent insolubles.

Est-ce l’origine de la ruse de l’Histoire qui explique que, prétendant en finir avec la guerre civile idéologique, le libéralisme d’aujourd’hui peut aboutir à la guerre de tous contre tous ?

C’est bien la clé du paradoxe. La logique du libéralisme politique et culturel ne peut conduire qu’à une nouvelle guerre de tous contre tous, menée cette fois ci devant les tribunaux, et par avocats interposés. Tel plaideur exigera donc la suppression des corridas, tel autre la censure d’un film antichrétien, un troisième l’interdiction de Tintin au Congo ou de la cigarette de Lucky Luke. Ce processus logique est évidemment sans fin.

Et pourtant, l’Etat est dans l’impossibilité logique de défendre en même temps le loup et l’agneau. Pourquoi ne pourrait-il opérer des choix en fonction de l’intérêt général, selon que la société a besoin de plus de loups ou de plus d’agneaux ?

Tout simplement parce que cet Etat s’interdit d’avoir une définition philosophique de l’intérêt général. Le droit libéral est donc contraint de légiférer à l’aveugle, c’est-à-dire en fonction des seuls rapports de force qui travaillent la société à un moment donné et qu’on nomme généralement « l’évolution des m?urs » comme s’il s’agissait d’un chapitre particulier de l’évolution des espèces. Aujourd’hui, donc, l’interdiction du tabac ; demain, sans doute, la légalisation des drogues ; et, peut-être, dans un avenir très proche, les deux en mêmes temps.

La gauche s’estime au contraire dépositaire d’une Vérité qui lui permet d’exclure tous ceux quoi n’y adhèrent pas. On aimerait que certains rebelles officiels fassent preuve d’une certaine « neutralité axiologique »…

Cette dérive est, en réalité, inscrite au coeur même de la logique libérale dont la gauche moderne, il est vrai, constitue l’incarnation politique la plus cohérente. Une société refusant par principe tout statut politique à l’idée de common decency est, en effet, inévitablement conduite à vouloir tout trancher par le droit. Or du point de vue du droit libéral, le seul critère « technique » pour juger de la légalité d’une opinion ne peut être que son caractère « nuisible » ou non. De là, la tendance inéluctable des sociétés libérales contemporaines à interdire graduellement tout ce qui est jugé « politiquement incorrect » selon les rapports de force du moment. C’est ainsi que l’on glisse, sans la moindre solution de continuité, des idées généreuses d’un Constant ou d’un Tocqueville à celles d’Act Up ou des Indigènes de la République. Et encore, je ne parle pas ici de la tentative récente, et provisoirement avortée, de constitutionnaliser le libéralisme au niveau européen c’est-à-dire d’en criminaliser à terme toutes les contestations pratiques. Je ne m’oppose donc pas au système libéral au nom du caractère purement « formel » des droits qu’il accorderait. De ce point de vue, je suis résolument anti-léniniste. Je le critique d’un point de vue démocratique radical, ou, si l’on préfère, anarchiste, en raison des menaces croissantes qu’il est logiquement conduit à faire peser, à terme, sur les libertés démocratiques les plus élémentaires. C’est un point que Chomsky a admirablement théorisé.

Bref, si l’Etat affiche des préférences « idéologiques » il pénalise une partie de la société (les fumeurs ou les non-fumeurs) et s’il s’y refuse, il abandonne de fait le gouvernement des hommes aux rapports de force. Que faire, comme disait l’autre ?

Pour s’opposer aux effets désocialisants de cette logique il suffirait, bien sûr, de se référer à nouveau à un minimum de valeurs humaines partagées, ce qu’Orwell, par exemple, nommait la common decency. Mais le libéralisme exclut, par définition, tout appel à des vertus morales communes. Pour les libéraux la morale est, au mieux, une croyance privée qu’on ne pourrait chercher à universaliser qu’en portant atteinte à la liberté d’autrui. Dans ces conditions, les seules normes qui demeurent susceptibles d’accorder des individus, que tout oppose par ailleurs, seront forcément celles du marché. Elles sont, en effet, fondées sur le seul langage que les libéraux supposent commun à tous les êtres humains : celui de l’intérêt bien compris. Une société qui consacre ainsi ses principaux efforts à se rendre à la fois individualiste et « multiculturelle » ne peut donc trouver un semblant de cohérence anthropologique que si elle invite parallèlement ses membres à communier dans le culte de la croissance et de la consommation. C’est pourquoi l’économie est logiquement devenue la religion des sociétés modernes. Elle représente, en somme, l’unique moyen de relier les individus atomisés d’une société qui se veut, et se croit « axiologiquement neutre ».

Faut-il en conclure que la persistance d’un monde commun doit se payer par le sacrifice de la liberté de penser ? Un régime non libéral n’est-il pas conduit à réprimer tout écart par rapport à l’opinion dominante ?

L’idéal orwellien, et socialiste, d’une société décente - c’est-à-dire d’une société égalitaire qui respecterait un certain nombre de valeurs morales élémentaires - s’oppose évidemment à l’approche purement juridique de la question sociale qui caractérise la démarche libérale. Chacun sait bien que l’égalité des droits est parfaitement compatible avec les inégalités de fait les plus indécentes. Mais ce primat philosophique de la common decency sur les impératifs formels du droit n’implique aucun mépris pour les garanties juridiques fondamentales. On peut tout à fait reconnaître le droit de chacun à défendre une opinion ou une manière de vivre particulières sans considérer pour autant que toutes les opinions et toutes les manières de vivre ont une valeur philosophique égale. Une société qui m’obligerait, par exemple, à avoir des enfants serait de toute évidence tyrannique. Mais je reconnais bien volontiers que ma décision personnelle de ne pas en avoir n’est pas universalisable sans contradiction. J’admets donc parfaitement, en même temps, que la société encourage, et privilégie sur le plan symbolique, des choix philosophiquement contraires aux miens, et qui sont effectivement plus conformes à la survie de l’humanité. C’est bien ce genre de dialectique qui permettait à Voltaire d’écrire à l’un de ses adversaires idéologiques persécuté par le pouvoir en place, que tout en étant en complet désaccord avec lui, il se battrait jusqu’au bout pour qu’il ait le droit de publier librement ses opinions.

Vous êtes bien méprisant pour la société bourgeoise et son idéal de tranquillité. Peut-être les Juifs chassés d’Espagne ou les paysans massacrés par Staline eussent-ils apprécié un peu moins d’héroïsme et de Vertu et un peu plus de relativisme culturel et politique. Autrement dit, le « moindre mal » n’est-il pas préférable au Mal absolu ?

Je ne vous contredirai certainement pas sur ce point. Il vaut assurément mieux vivre dans l’Amérique de Bush que dans le Cambodge de Pol Pot ou la Corée de Kim Jong Il. En bon orwellien, j’accorderai aussi aux libéraux que la racine de toute entreprise totalitaire, qui représente effectivement le « mal absolu », est incontestablement la volonté de soumettre les peuples à telle ou telle variante de la « tyrannie du Bien ». Mais l’erreur fondamentale des libéraux, dans leur désir compréhensible de conjurer le retour des guerres de religion, est de réduire par principe toute référence politique à des vertus morales partagées à cette seule perspective effrayante d’une tyrannie du Bien. Pour éliminer cette difficulté philosophique, il suffit de distinguer à la suite, par exemple, d’Orwell, de Camus ou de Zygmunt Bauman, le sombre univers des idéologies morales et celui, beaucoup plus humain, de la common decency. J’appelle « idéologie morale » une construction métaphysique particulière, généralement fondée sur une théorie de l’ordre naturel, de la volonté de Dieu ou du Sens de l’Histoire, voire sur une mystique de la race ou de la tribu. En tant que telle, et comme l’expérience des mouvements intégristes ou totalitaires le prouve abondamment, elle peut se marier sans difficulté avec un mépris pratique absolu de ces vertus humaines de base que sont, par exemple, les dispositions à la loyauté, à la bienveillance, à l’entraide ou à l’amitié (ce que Spinoza définissait comme la pratique effective de « la justice et de la charité »). Défendre la common decency, c’est donc, à l’inverse, défendre l’idée que l’égoïsme, l’esprit de calcul et la volonté de dominer ou d’exploiter ses semblables ont une valeur morale nécessairement inférieure à la générosité, l’honnêteté (ce qui inclut, naturellement, l’honnêteté intellectuelle), la bienveillance ou l’esprit de coopération. La mise en oeuvre quotidienne de ces vertus humaines de base, qui s’enracinent comme on le sait depuis Mauss dans la triple obligation immémoriale de « donner, recevoir et rendre » - fondement de tout lien social réellement humain - ne saurait en aucun cas être confondue avec cette adhésion purement idéologique à un catéchisme particulier, qui est presque toujours le masque du désir de pouvoir et des passions tristes. C’est toute la différence qui existe entre un ordre moral (et la bonne conscience étouffante qui le caractérise) et cette société décente qui était l’idéal des premiers socialistes. En ce sens il est faux de dire que toutes les manières de vivre se valent. L’égoïsme tranquille des libéraux est certes un moindre mal si on le compare à la volonté de puissance déchaînée des fanatiques du Bien. Mais une société égalitaire, solidaire et amicale, qui inviterait les hommes à donner le meilleur d’eux-mêmes, me parait toujours moralement supérieure et infiniment plus désirable.

L’Empire du moindre mal, essai sur la civilisation libérale
Climats (Flammarion), 210 pages, 19 euros.

1950 : Naissance à Paris du fils d’Abel Michéa, journaliste sportif à l’Humanité
1972 : Agrégation de philosophie
Depuis 1973 : Professeur de lycée à Montpellier
1976 : Quitte le Parti Communiste
1995 : Orwell, anarchiste tory (Climats)
1999 : L’Enseignement de l’ignorance (Climats)
2002 : Impasse Adam Smith (Climats)

Jean-Claude Michéa et Emmanuel Todd sont dans un bateau



Il n'a pas échappé au lecteur averti du CGBi que nous accordions une attention particulière aux travaux d'Emmannuel Todd et de Jean-Claude Michéa.

Le rendez-vous des civilisations (Le Seuil) d'Emmanuel Todd qui sort aujourd'hui fait déjà l'objet de mauvaises critiques par les bonhommes de neige de chez Pivot... et par des historiens partiaux.

Jean-Claude Michéa et son Empire du moindre mal (Climats) ont plus de chance....puisque ses amis de la Fondation du 2 mars ont pris les choses en main...curieusement dans l'Immonde.





JEAN-CLAUDE MICHEA: LES DILEMMES DU LIBERALISME


Même s'il peut paraître aller dans le sens de l'opinion dominante en France, assez largement antilibérale, le livre de Jean-Claude Michéa représente un point de vue tout à fait original, qui a toutes les chances d'agacer, à gauche comme à droite.

Michéa se veut "socialiste" mais il doit fort peu à Marx et il n'a aucune nostalgie de la vieille politique progressiste ; en fait, il ne se veut même pas "de gauche", car il tient le clivage entre gauche et droite pour une dualité interne à la pensée libérale. Il se réclame de la tradition anarchiste, mais il est très éloigné des courants libertaires contemporains, qui sont pour lui le supplément d'âme de la modernité libérale ; il se veut comme Orwell "anarchiste tory", ce qui est une manière de revendiquer une identité "conservatrice" dans un pays où le conservatisme est l'ennemi privilégié de la droite comme de la gauche. Pis encore, il confesse sans état d'âme son "populisme", au risque de décourager les meilleures volontés libérales et-ou progressistes.



La thèse de Michéa peut être résumée de la manière suivante : le libéralisme n'est pas un courant particulier de la politique moderne, qui pourrait lui-même être subdivisé en courants divers, dont le libéralisme économique ne serait qu'une composante particulière : il y a au contraire une unité fondamentale du libéralisme, qui est au coeur de la modernité, et qui trouve finalement son "centre de gravité" dans l'expansion universelle de l'économie de marché et dans la croissance indéfinie de la production matérielle ; dans ce cadre, les revendications libertaires, qu'elles soient dirigées contre la morale traditionnelle ou contre les restes de l'Etat-nation, sont la pointe avancée de la modernisation et de la mondialisation : le libéralisme culturel est le supplément d'âme ou le complément naturel du libéralisme économique.

Le charme du livre vient d'abord de la grande élégance de la démonstration, qui s'appuie sur une vraie familiarité avec les grands penseurs libéraux. Après d'autres, Michéa montre que la logique libérale naît en fait avec la politique moderne elle-même, et singulièrement avec les guerres de religion, qui discréditent durablement l'idée que la politique aurait pour fonction d'instaurer le règne du Bien : l'Etat moderne devra s'émanciper de la religion pour se faire le protecteur des droits des individus, et le marché apparaîtra progressivement comme le cadre le mieux adapté à la pacification des relations entre les hommes.

De là, d'abord, la solidarité profonde liant le droit moderne - qui organise la coexistence des libertés sans prétendre créer les conditions de la vie bonne - à une anthropologie soi-disant réaliste mais en fait assez irréelle. Une telle anthropologie prétend dévoiler les ressorts cachés et inavouables de toute action plutôt que de se fier aux dispositions généreuses, ou altruistes, de l'humanité.

"HOMME NOUVEAU"
De là, ensuite, la force, dans la pensée moderne, de ce qu'on pourrait appeler un scepticisme dogmatique, qui au nom de la liberté et de l'égalité, refuse toute hiérarchie entre les fins que poursuivent les hommes. Or, cet égalitarisme sceptique, que Hobbes plaçait au fondement de l'Etat absolutiste, trouvera par la suite deux traductions, sociale et politique, sans doute plus adaptées à ses fins.

La première de ces traductions est l'économie de marché : on verra volontiers celle-ci comme le lieu d'un équilibre "mécanique" entre les volontés individuelles. Cet équilibre suppose aussi la dynamique indéfinie de la croissance pour tenter de satisfaire la soif d'acquisition que met en mouvement la généralisation de l'échange marchand.

La deuxième traduction de cette conception sceptique de la liberté et de l'égalité est sans doute la démocratie elle-même, contre laquelle Michéa ne craint pas de reprendre certaines des critiques de Platon. Selon l'auteur, le Grec aurait déjà reconnu, dans l'Athènes démocratique, impérialiste et commerçante, "certaines conséquences humaines du désir illimité d'accumuler des richesses et de la poursuite de l'intérêt égoïste" : on peut discuter cette critique, mais on doit reconnaître la justesse de l'idée qui fait du scepticisme le fondement de la démocratie - c'était la thèse, par exemple, du grand juriste positiviste Kelsen.

La période que nous vivons serait en quelque sorte l'aboutissement ultime de la logique libérale avec, d'un côté, l'extension de la sphère marchande et, de l'autre, la multiplication des conflits nés du relativisme moral moderne. Ces luttes se traduisent finalement par de nouvelles contraintes, visant à la création d'un "homme nouveau" toujours plus vigilant contre les conformismes passés et toujours plus conforme aux normes de la société nouvelle.

Le tableau que donne Michéa de cet Empire du moindre mal qui finit par ressembler au meilleur des mondes est souvent juste et parfois saisissant, parce qu'il est servi par un style alerte, qui tempère l'indignation par une ironie pleine de charme. On peut cependant lui adresser deux objections. Il est possible, en premier lieu, qu'il y ait une part d'illusion rétrospective dans l'idée d'une nécessité de l'évolution du libéralisme politique vers le pur et simple règne du marché ; on aurait pu tout aussi bien, il y a quelques dizaines d'années, prophétiser l'autodestruction de l'économie de marché en montrant que celle-ci avait fait naître une demande illimitée de protection des droits qui se traduisait par le progrès régulier de l'Etat-providence.

On peut aussi estimer que les thèses fondamentales du libéralisme (les droits, la limitation du pouvoir, la distinction de la société et de l'Etat) peuvent être articulées de différentes manières, dont certaines pourraient faire droit aux préoccupations d'un conservateur socialiste comme Michéa. Le philosophe polonais Lezsek Kolakowski a tenté jadis de montrer comment on pouvait être "socialiste-conservateur-libéral" : c'est peut-être là un oxymore, mais sans doute pas plus qu'"anarchiste tory".

L'EMPIRE DU MOINDRE MAL. ESSAI SUR LA CIVILISATION LIBÉRALE de Jean-Claude Michéa. Climats, 224 p., 19 €.

En librairie le 10 septembre.


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